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alain martin/www.irenejacob.net
Irène
Jacob présentée par Antoine Leclerc,
délégué général du
Festival Itinérances
PLUS
DE PHOTOS/ MORE PICS!
Itinérances : la 21e édition du
festival de Cinéma d'Alès, sous-titrait du 20
au 22 mars 2003, "le spectacle continue", se consacrant aux
liens entre cinéma et spectacle vivant :
théâtre, danse, musique ou cirque
Pouvait-on rêver d'un plus beau contexte pour
présenter un hommage à Irène Jacob
?
Les interventions d'Irène Jacob :
- la soirée hommage du 20 mars avec projection et
discussion sur
"l'Affaire
Marcorelle"
et "Rouge" ;
- la présentation le 21 mars de
"la
Double Vie de Véronique"
et un question-réponse autour de
"Au-Revoir
les Enfants",
avec le jeune public ;
- la participation à la présentation du film
inédit "Nés
de la Mère du Monde"
par Denise Chalem, le 22 mars.

"C'est une
question de curiosité et de désir.J'aime
le cinéma où le réalisateur
s'intéresse aux comédiens et sait les utiliser
pour raconter une histoire. C'était la force de
Kieslowski, ses fikms touchaient les gens dans tous les
pays. Pour moi l'émotion n'a pas de
frontière
"
Midi
Libre Cévennes, 21 mars
2003
A
propos de l'Affaire Marcorelle :
"Le réalisateur avait beaucoup joué avec les
personnalités de cinéma, et pour Jean-Pierre
Léaud et pour moi
je joue le rôle d'une
Polonaise, un peu comme dans "la Double Vie de
Véronique"
donc dans ce film il y a beaucoup de
clin d'il au cinéma, et d'ailleurs Serge Le
Péron est quelqu'un qui s'est beaucoup engagé
lui aussi auprès des Cahiers du Cinéma, des
cinémathèques.
Voilà, c'est un film très personnel où
il a osé des choses avec sa fantaisie
et j'ai
eu beaucoup de plaisir à travailler avec Jean-Pierre
Léaud, c'est une très belle rencontre,
aussi."
A
propos de Rouge :
"Dans la Trilogie, le travail avec Pieciewisz, le
co-scénariste, c'était une manière
d'être près des gens et de leurs
préoccupations de tous les jours, en même
temps que de raconter une belle histoire de
cinéma.
Kieslowski aimait toujours partir de quelque chose
d'impossible. Là, qu'est-ce que ça peut
être la fraternité entre deux êtres qui
n'ont évidement rien à voir, qui même
vont s'opposer au départ ?
et comment quelqu'un
de si loin de vous, a priori même contre, se retrouve
dans un destin tout à fait particulier, pour devenir
finalement une personne qui va être très proche
de votre intimité.
J'ai l'impression qu'à chaque fois
Krzysztof
essayait, avec son co-scénariste, de trouver une
situation extrême pour arriver à voir le chemin
qui fait que : "si !
rien n'est impossible !" Et
ça représentait assez bien l'esprit de
Krzysztof Kielowski : quelqu'un qui a priori n'était
pas un grand optimiste
mais qui cherchait toujours ce
chemin : trouver là "où ça existe"
même si c'est rare de pouvoir le mettre en valeur.
La façon de travailler dans ce film était
très différente de "la Double Vie de
Véronique" puisqu'il essayait plutôt de
trouver la balance entre deux personnages : quand l'un
gagnait
quand l'autre reprenait la main
presque
comme un ping-pong.
Et puis Valentine c'est un personnage qui est presque
toujours en révolte, donc l'ambiance de tournage au
début était très chargé, avec
les scènes du Juge. On avait
répété un week-end dans la maison du
juge, pour trouver la façon dont il allait organiser
nos déplacements. Au cours de ces trois semaines de
tournage, j'ai eu vraiment -c'était une sensation
personnelle- l'impression d'être un ventre
ouvert
alors que les gens me disaient "vous
êtes tellement douce dans ce film !"
Irène Jacob a souligné aussi la
qualité de la lumière de Piotr Sobocinski
(mort il y a deux ans) qui avait beaucoup de
propositions dans ce film (dont le rappel de l'affiche
publicitaire dans la scène finale) et qui avait
construit une lumière très compliquée
pour les acteurs, toujours en clair-obscur. "Et je peux vous
dire que ce n'était vraiment pas facile pour les
déplacements [elle mime] : comme
ça
comme ça
comme ça
avec un superbe résultat !
"En ce qui concerne la catastrophe du ferry à la fin,
on a critiqué le fait que, comme par hasard, c'est
uniquement les six héros de la trilogie qui s'en
sortent
mais mon interprétation personnelle,
c'était vraiment de se dire que finalement,
qu'est-ce qui reste dans la vie ? Seulement les personnes
qu'on a connues
donc, on ne connaît pas les
autres personnes du ferry ; il ne reste que ceux qui
échappent au chaos de la vie, ceux avec qui on a
partagé quelque chose, ne serait-ce qu'un petit
moment autour d'un film, aussi !
Je crois que "Rouge" a beaucoup compté pour
Kieslowski aussi parce que lui qui n'avait franchement pas
l'habitude de s'auto-féliciter, quand il l'a vu, a
dit qu'il en était très content.
En général, il disait : "si je suis content de
30% du film que j'ai fait, j'en suis content
parce
qu'on ne peut pas faire plus
" Finalement j'ai
réalisé que c'est vrai : on ne peut pas
être toujours au top ; si déjà un film
vous touche pendant par exemple vingt minutes, ça
suffit, je peux ainsi être très reconnaissante
à une actrice ou un acteur sur scène qui
pendant cinq minutes me fait sentir quelque chose, me
rappelle une émotion
"
Irène Jacob précise encore que s'il n'y avait
que "une ou deux voire trois prises si le plan était
très compliqué, par contre la scène
était tournée de beaucoup d'angles
différents. Kieslowski était un
réalisateur qui privilégiait des angles
afin d'avoir un choix de focales et d'angles : il avait
déjà un montage très présent en
tête au moment de réaliser ce film.
La direction d'acteurs visait souvent à rendre les
personnages dans une tension extrême : on ne
pouvait pas mettre un petit enjeu, i l y avait toujours un
grand enjeu à placer dans ces personnages.
je
sentais qu'il avait besoin qu'on soit comme un ressort
hyper-tendu et qu'on soit toujours dans un moment de
grande suspension, qu'on a de temps en temps dans la vie
mais pas toujours ! Les moments d'un grand
événement dans la vie où on a
l'impression de marcher comme un funambule, d'être
hyper-réceptif à tout ce qui va nous
arriver : c'était cet état là qu'il
attendait de nous ! Pour moi, le personnage de Valentine, en
tout cas, c'était ça
A
propos de "La Double Vie de Véronique" :
"Ce film, je l'aime beaucoup : c'est mon premier amour avec
le cinéma. J'avais vu le Décalogue mais je
n'avais jamais imaginé qu'une telle rencontre serait
possible ! Comme ce film repose beaucoup sur les "deux
Véronique", l'actrice est tellement présente
à l'écran que Kieslowski m'avait
demandé beaucoup d'improvisations, de
réfléchir à ce que c'était que
la solitude, ce que je faisais quand je me sentais
seule
Comme il pensait que c'était un film qui aurait pu
facilement devenir poétique, il me demandait des
choses concrètes : "des choses réelles bien
ancrées dans ta vie et ta personnalité, car,
à ce moment-là, si c'est bien personnel,
ça va pouvoir toucher un maximum de personnes, qui
vont pouvoir s'identifier".
Cela peut paraître paradoxal mais c'est ainsi.
Irène Jacob s'est senti ensuite "la
responsabilité d'expliquer le début du film",
puisque le Festival a projeté la version
américaine de "la Double Vie", c'est-à-dire
bande son de la première partie en polonais, la suite
en français, le tout sous-titré en anglais.
(Rappelons qu'il est toujours impossible d'obtenir
légalement les copies françaises, le
règlement judiciaire de l'exploitation de ces copies
n'étant pas encore réglé).
"Weronika a un souffle au coeur, elle devrait arrêter,
mais c'est une fille passionnée qui dévore la
vie
" Irène Jacob a insisté sur la
scène où Weronika vient vers son père,
la nuit, là où elle dit "j'ai l'impression de
ne pas être seule". Pour elle, "c'est le thême
du film car c'est une idée de Krzysztof Kieslowski
que quand nous sommes vraiment seuls il y a des moments
où l'on se sent complètement accompagné
par quelque chose et des moments où l'on ressent un
grand vide, un grand manque. Pour essayer de raconter cette
histoire, il a imaginé deux filles quelquepart qui
pourraient vivre un destin similaire.
L'important pour moi c'est cela c'est que Weronika va aller
jusqu'au bout de sa vie dans un don total, qui va dans
lequel elle comblera quelque chose d'assez fort
alors
que Véronique est quelqu'un qui est beaucoup plus
dans la réception que dans le don mais qui nous
ressemble finalement pas mal par ce que nous sommes
là avec nos hésitations, parfois à
côté de nos destins, quand on se dit : "je suis
là mais est-ce que je ne devrais pas être autre
part ?
je suis avec cette personne mais ne est-ce que
je ne devrais pas être à côté
d'une autre ?
"
A la sortie de la salle, un Polonais n'a pu s'empêcher
de poser la question à Irène : "mais est-ce
que vous parlez polonais" ? Et bien non, lâcha t-elle
tout en pronoçant quelques mots
en polonais :
elle prononçait son texte, était "bien
entourée" et un excellent doublage complètait
l'illusion. Les Polonais, c'est sûr maintenant, s'y
laissent prendre !
A
propos de "Au Revoir les Enfants" :
"Je n'ai pas fait option cinéma à
l'école
mais j'aurais beaucoup aimé ! Et
je faisais beaucoup de théâtre à
côté de mes études. Et c'est lors d'un
spectacle à la Rue Blanche
(ENSATT,
maintenant à Lyon, NDLR)
qu'on m'a proposé de faire des essais pour ce film.
L'accent suisse devait plaire à Louis Malle, et puis
il fallait savoir jouer du piano
et finalement j'ai
été prise ! Et quand ce sont des petits
rôles on n'est pas très au courant et personne
n'a le temps de s'occuper bien de vous
pourtant avec
très peu de mots, Louis Malle m'avait finalement bien
dirigée : en deux trois gestes il avait eu ce talent
de bien cibler le personnage avec quelques
éléments pour le raconter
A
propos de "Nés de la Mère du Monde" :
Une femme marseillaise "confond" une autre jeune femme,
Clara, avec la fille qu'elle n'a pas eu, et pense qu'elle
n'est pas au courant de ses origines. Alors, elle lui
envoye, sur une cassette, l'histoire du Caire des
années 50. Cette fois la bande n'est pas
mystérieuse, puisque c'est avec force détails
qu'Odette (Marthe Villalonga) conte son histoire !
Clara, interprétée par Irène,
romancière, vient de publier un premier roman, et va
avoir un enfant. Elle ne s'est jamais posé la
question de ses origines
elle accepte donc de
rencontrer cette femme, Odette, qui va lui donner des
précisions mais peut-être aussi bouleverser sa
vie en y faisant irruption !
Le film devrait être diffusé sur Arte en mai
prochain.
Irène Jacob a salué le travail de la
réalisatrice, qui trouvait le bon mot et le bon geste
pour chacun des acteurs dans un tournage de 21 jours
a-t-elle rappelé, où "on n'a pas droit
à l'erreur !".
En
coulisses, avant de retourner sur scène pour les
questions-réponses après "Au Revoir les
Enfants", Irène nous glissait :
"Un hommage ? Peut-être que j'aurais accepté
avant mais
personne ne me l'a proposé. J'ai
hésité, mais finalement ça m'a fait
plaisir. Il faut savoir que quand je participe à un
festival
je donne de ma personne !
et puis,
après tout, tout le monde pourrait parler de son
parcours, il n'y a pas besoin d'avoir fait beaucoup de
choses
"
Par contre, Irène regrettait qu'il manque au moins
"un des films anglais, "Othello", par exemple !".
Un peu plus tard, elle nous parlera encore de ses
participations à des festivals, à l'image de
celles de Jean-Pierre Léaud par exemple,
épuisé après une semaine à
New-York et à qui tout le monde pose des questions
sur Truffaut : "Tout cela ça n'est pas innocent,
ça réveille des choses fortes, et positives,
mais ça bouleverse, aussi !".
Impression qu'elle a ressenti en Pologne à la fin de
l'année dernière durant trois jours à
Lodz de discussions des heures entières avec les
étudiants (où, au passage, on lui a remis un
"Prix Kielowski" !) : elle s'est fait "un devoir de
transmettre ce qu'elle pouvait penser de tout cela", mais ce
sont des moments qu'elle juge intenses mais très
fatigants.
A propos du site www.irenejacob.net :
"Je n'aurais jamais pris l'initiative d'un site sur moi et
je ne vais jamais le consulter personnellement
mais
quand les gens m'en parlent, ça me fait plaisir !"
8-)
Et, à propos du livre "Irène
Jacob, l'autre regard"
:
Irène et quelques personnes qui ont voulu le
consulter ont pu examiner une première version
à Alès puis à Paris. Pour Irène,
qui a déjà consulté une première
version et des notes d'intention auxquelles elle avait
apporté ses commentaires, la démarche
très personnelle, l'aspect dialogué lui
conviennent, mais, euh
"c'est encore trop gros". De
vraies coupes ont été effectuées depuis
!

Surprise
: John Malcovich nous rend visite !
©
Alain Martin
Quelques bonnes
surprises de ce Festival pour
la période des 3 jours que nous avons suivis:
- Terry
Zwigoff ; avons vu un "Crumb" et un "Ghost
World" (décapant!) et Mr Crumb en personne est
venu s'expliquer et répondre aux questions
- "Remember Marvin Gaye", étonnant
documentaire du réalisateur belge Richard Olivier sur
presque deux années d'escale du chanteur
à Ostende !
- Visite surprise de John Malcovich dimanche, qui lui aussi
nous a confirmé avoir gardé un très bon
souvenir de son travail avec Irène Jacob sur
"Par
Delà les Nuages"
Merci
à l'ensemble des équipes du Festival pour leur
accueil cordial et efficace!
Merci à Irène Jacob pour ses interventions et
les commentaires exclusifs
Irène Jacob sur France
Inter
le 12 mars 2003 à 22:10
(José
Arthur)
Irène
Jacob. (comédienne)
En tout cas, il y a vraiment un programme formidable : je
salue ce festival
enfin je ne parle pas de moi
évidemment
(rire)
José
Arthur. (animateur)
C'est un programme bien établi parce qu'un fou
furieux pourrait presque tout voir !
Antoine
Leclerc. (délégué
général Festival)
Oui il
faudrait qu'il soit plutôt fou furieux et
qu'il
dorme quatre heures par nuit : ce serait un petit peu
difficile
certains journalistes suggèrent de
prendre des congés !"
L'hommage de
José Arthur à Irène Jacob
et
à "Itinérances"
En première partie du "Pop-Club", Antoine Leclerc,
délégué général
d'Itinérances a présenté le festival de
cette année. Puis Irène Jacob est revenue sur
son parcours : les débuts avec Louis Malle ("Il
cherchait une actrice qui jouait du piano. Il se trouve que
pouvais assez bien jouer le Rondo Capricioso de Saint-Saens
qui n'était quand même pas une mince affaire.
Et là Margot Capelier m'a vu et m'a convoquée
après cela, et elle en a parlé à
Krzystzof Kieslowski qui avait vu le film
"), les deux
après-midi d'essai avec Kieslowski
("Je
sortais d'un film que j'avais adoré faire, un premier
film américain
et je suis arrivée
là-bas inspiré, portée
je
comptais passer des vacances aux Etas-Unis et j'ai du
revenir, traversé l'Atlantique et je me suis dit : si
ça marche c'est super, sinon d'autres choses
m'attendent
)
Et puis, nous avons entendu un petit extrait sonore de
"Rouge". A vrai dire, on entendait surtout Jean-Louis
Trintignant, l'occasion, une dernière fois et
à l'antenne, de l'inviter à se joindre
à la soirée du 20 mars à
Alès, en tant que voisin (sait-on jamais ?).
A propos de la musique
: "C'est vrai que la musique m'a toujours suivie et je
continue des spectacles musicaux. La Double Vie de
Véronique, une violoncelliste
je vois des
rendez vous musicaux à travers mon parcours
assez fréquents
"
Bien sûr a t-elle répondu, "je peux jouer en
français et je maîtrise l'anglais mais avec un
accent français certain"
Pour Irène Jacob, le théâtre s'est
enchaîné après cette proposition en 2000
d'Irina Brook ("Résonances") dont elle était
si heureuse : "Je retrouve le théâtre avec
grand plaisr !"
Elle a rappelé qu'elle a accepté cet hommage
("Quoi, qu'est-ce que c'est ?!?" avait-elle d'abord
pensé
) par ce que finalement c'est "très
gentil" et surtout elle a tenu à saluer ce festival,
y ayant même déjà présenté
"la Double Vie de Véronique".
Antoine Leclerc rappelait ensuite que ce n'est pas un
hommage avec "du strass, des paillettes
mais une
rencontre avec elle sur un parcours, des cinéastes et
des uvres. Ce sera très simple !"
A José Arthur qui lui demandait si elle avait eu des
professeurs, elle qui joue si naturellement
elle
répond qu'elle a eu une formation : la rue Blanche,
Garfein
, mais surtout que "on a l'impression de jouer
un rôle mais en même temps il y a tout ce qu'on
est qui vous rattrape, qu'on n'a pas planifié de
rendre à l'image mais qui vient. Grâce à
cela on change, cela peut évoluer
" Mais
constate t-elle : "je suis une piètre actrice dans
la vie ! Quand on enlève le micro
il n'y a plus
rien !"
(C'est
une très jolie phrase mais que nous ne pouvons
exactement valider. NDLR)
Questionnée
sur ses projets futurs, Irène a avoué
travailler en ce moment sur un film sur Anna Karina.
Pour conclure, José Arthur semblait ravi de recevoir
celle qu'il a présentée comme "une des plus
belles femmes du monde (sic!), une des meilleurs
comédiennes du monde
" précisant qu'elle
prend admirablement la lumière !
L'histoire ne dit pas si Irène a encore rougi sous le
lustre et les abats-jours du Fouquet's
(am)
Les projections :
L'Affaire
Marcorelle 20
mars
Au-Revoir
les Enfants*
21 mars
Au-Revoir
les Enfants 25
mars
La
Double Vie de Véronique
(version US) 21 mars
Fugueuses
23 mars
Nés
de la Mère du Monde*
22 mars
Par-Delà
les Nuages 22
mars
Trois
Couleurs : Rouge*
20 mars
* En
présence d'Irène
Jacob

Irène
? Elle a cette
liberté-là
: elle n'est pas emprisonnée dans l'économie
du cinéma, elle n'est pas là pour ça.
Elle est là pour faire des rencontres, de beaux
films
Jean-François
Gabard, agent d'Irène Jacob, janvier 2002
D'un
film à l'autre, Irène affirme son
talent, sans
bruit, et impose son éclatante beauté, ses
beaux yeux mélancoliques, sa douce joie de vivre, sa
voix inoubliable, son extraordinaire présence dans
l'intimité d'une recherche incessante qui passe
aussi, bien sûr par le théâtre qu'elle
n'a jamais abandonné, mais aussi par la musique et
par le chant
Les
petites partitions d'Irène Jacob, extrait du
texte de Gérard Camy
pour l'hommage à
Irène Jacob.
Les
choix de l'actrice
l'ont naturellement conduite vers un cinéma d'auteur
et, si cette exigence lui permet un parcours sans faute, il
serait dommage que sa beauté et cette espèce
de pureté dans son jeu lui coupe l'entrée vers
un cinéma plus léger qu'elle semble aussi
capable d'aborder. Elle joue d'ailleurs dans un film
remarquable et inclassable de Serge Le
Péron
La
Marseillaise du Gard, 20 mars 2003
J'imagine
simplement le remake d'une scène
curieuse
d'All Men are Mortal, j'imagine Lyuda, Sarah,
Johanna, Agieska
comme les femmes soudain
figées par le regard interrogateur de Camille devant
son face-à-main : les regards de ces femmes
convergent soudain vers celle qui interrogeait son propre
visage, visage-masque du théâtre, visage
découpé dans la fenêtre oblongue de
l'écran de cinéma
Comment Irène Jacob peut-elle être à la
fois Marie, la jeune fiancée française
embarquée dans les cascades et les pirouettes
à cent à l'heure d'U.S. Marshals et
cette mystérieuse jeune inconnue dont, à part
Michaelangelo Antonioni, personne peut-être ne saura
jamais le prénom, elle aussi lumineuse et grave, qui
referme la porte d'un immeuble d'Aix-en-Provence, un soir
d'hiver 1994 ?
Extrait
d'"Irène
Jacob, le double regard",
Alain Martin, Caroline Cottier, Charles Dobrowski, mars
2003.
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About "L'Affaire Marcorelle":
"Serge
Le Peron made use of our personnalities in cinema,
Jean-Pierre Leaud likewise me: for example, my character was
a Polish woman, someone like in "Double Life of
Veronique"
this movie is plenty of private jokes
concerning other movies
Serge Le Peron was very
engaged in cinema: "Les Cahiers du Cinema", cinematheques,
etc.
Well, a very personnal film, in which he has dared many
scenes with his own fantasy
and I enjoy working with
Jean-Pierre Leaud, a nice meeting, too."
About "Red":
"For
Kieslowski, the work with Pieciewisz, co-writer, was a
manner of being close to people and their everyday-life
concerns, as well as to tell a beautiful story.
Kieslowski always liked to start from something impossible.
There, what can be fraternity between two human beings which
have almost nothing common, which even have been opposed at
the beginning of the film? How can somebody so far from you,
even against you, finds himself in a completely particular
destiny, being finally very close to your intimacy. I feel
that Krzysztof always tried -with his co-writer- to find an
extreme situation to manage the way to say: nothing is
impossible! Krzysztof Kieslowski's spirit might be like
that: not a big optimist, but always looking for this way:
to find "where something can exist" even if rare.
The way of working in "Three Colors: RED" was very different
from "The Double Life of Veronique" since Kieslowski rather
tried to find the balance between two characters: when did
one win?
when the other took again the hand?
almost like a table tennis. And the character Valentine is
almost always revolts, therefore the atmosphere of the
making of the film was heavy, during the scenes with the
Judge. We played reherals for one weekend in the Judge's
house, to find the good way to organize our steps. During
these three weeks, I had really the feeling- a personal
feeling anyway- that I was just like an "open belly"
whereas people said to me "you are so soft in this
film!"
Irene Jacob also underlined the quality of the light by
Piotr Sobocinski (dead two years ago) which had many
proposals in this film (of which the recall of the
advertising photograph in the final scene) and who had built
a very complicated light for the actors, always into low
key. "And I can say that was really not easy for
displacements [She mimes ]: like that? like that?
like that? [laugh] with a superb result!
"About the catastrophe of the ferry in the end of the film,
one criticized the fact that "as by chance, they is only the
six heroes of the trilogy saved"! But my personal
interpretation, finally, is : "what remains in life? Only
the people whom one did know? Thus, the other people on the
ferry were not known of us! There remain only those who
escaped chaos from the life, those with which one shared
something
even
a short time of discussion about
a film, too!
I believe that this film was of much value for Kieslowski
because, frankly, he was not accustomed to
self-congratulation, but when he saw it, he said that he was
very satisfied! Generaly, he used to said :"if I am OK with
30% of the film which I made, I am fine
because one
can hardly make more!" Finally I realized that he was true:
one cannot be continuously at the top
so, if a film
can touch you during twenty minutes, that's enough;
I can thus be very grateful with an actress or an actor
on scene who makes me feel something during five minutes,
points out an emotion to me".
Irene Jacob added that if there were only "no more than two
or three shots for a plan, on the other hand the scene was
seen from many different angles. The director privileged
angles of visions in order to get a choice of focal
distances and angles: he had already the future set in
mind.
The direction of actors often aimed at returning the
characters in an extreme tension: one could not put a small
stake, one had always a great strenght there to place in
these characters? I felt that it required that the actor
felt like a bended spring, in a moment of large suspension,
one moment like from time to time in life but not always!
the impression to walk like a funambulist, to be
hyper-receptive with all that will happen to us
©
alain martin/www.irenejacob.net
About
"the Double life of Veronique":
"This
film, I like it much: it is my first love with cinema. I had
seen "Decalog" but I had never imagined that such a meeting
with the director could be possible! In this film the "two"
Veronique (Weronika/Veronique) and the actress who plays the
part are so present on the screen that Kieslowski had first
required many improvisations from me: think ing of what is
loneliness, what do I feel when I am alone?
As he
thought the film could easily have become poetic, he asked
me for concrete things: "from the real things going straight
from your life and your personality, because, if personal,
that will touch a great number of people, who will be able
to identifie". That can appear paradoxical but thus that
was."
Irene Jacob said she had "the responsibility to explain the
beginning of the film", since the Festival projected the
american version of "the Double Life", i.e. soundtrack in
Polish, then in French, while all subtitles are in English.
(Let us recall one still cannot obtain the French copies
-legally-, bankruptcy proceedings of the exploitation of
these copies not being regulated yet).
"Weronika has a heart disease, she should stop, but she is
an impassioned girl, very found of life
" Irene Jacob
pointed to the scene where Weronika comes towards her
father, the night when she says "I have the impression
not to be alone". For Irene, "here is the theme of the film,
because Krzysztof Kieslowski thougt that when one is really
alone, one feels, sometimes, completely in harmony with
something
and on the other hand, by the moments a
great lack. To tell a story about this, he imagined two
girls in two places
who could live a similar
destiny.
The significant fact for me? Weronika will go to the end of
her life in a total gift
whereas Veronique is somebody
who is much more in the reception that in the gift, but she
looks finally close to us, with our hesitations, sometimes
beside our destinies, when one says oneself: "I am there but
shouldn't I be away? I am with this person but I shouldn't
be close to another?"
During the break, a Polish ask THE question to Irene:
"Well
do you speak Polish?" "Well
not at all,
she said (but saying some words in Polish she remembered
from her text), I had a very good team around me!" and
post-production made the illusion possible. Even for Polish
men, sure now!
About "Goodbye the Children":
"I did not make "option cinema" at the school! But I would
have liked much! And I did much theatre beside my studies.
During the end of one spectacle to the Rue Blanche (ENSATT,
now in Lyons) a casting director proposed to me to carry out
tests for this film. Louis Malle liked the Swiss accent,
then it was necessary to know to play piano, and
finally
he choosed me.
When one play a little part in a movie, one is not
well-informed, nobody has time to deal with you! Anyway,
with a few words, Louis Malle had directed me finally well:
with two or three gestures he had this talent to focus on
the main schemes of the character
About
"Nés de la Mère du Monde" (Born from the
Mother-of-the-World):
In
Marseilles, a woman -Odette- "confuses" another young woman,
Clara, with the girl whom she did not get, and thinks that
this girl does not know so much about her origins. Then, she
send on a tape the history of
Cairo of the Fifties,
where she has been living. Not a mysterious tape!
because Odette tells this saga with plenty of details!
Clara, played by Irene, is a writer who has just published a
first novel, and will have a child. Actually, she never
raised the question of her origins. She thus agrees to meet
Odette, who will give him precise details but perhaps also
will upset her life by making irruption there!
(The film should be diffused on Arte next May)
Irene Jacob greeted the work of the réalisatrice,
which found the witty remarks and the good gestures for each
actor in a -made-in-21-days-film, where "one is not entitled
by time tomake an error!".
On
backstage, before going back to the theatre for
questions/answers after "Goodbye the Children", Irene told
us: "An homage? Perhaps would I have accepted before
but nobody proposed me such an event. I hesitated, but
finally that pleased to me. Let's say, when I am involved in
a festival, I give the best I can
but, after all,
everyone could speak about him/her, of course ! One does not
need to have done so much!"
Irene was (a little) disapointed by "one of English films
missing
Othello, for example!".
About
www.irenejacob.net:
"I would never have taken the initiative of a website about
me
and I never consult it by myself, but when people
speak to me about it, I am very pleased!" 8 -)
About the book "Irene Jacob, the other glance":
Irene -who already consulted a first version and some notes
and made comments- agrees with very personal step, the
dialogued aspect but she took the three-pounds-manuscript in
her hands and said: "hmm
still too thick!". Real cuts
will be carried out for appointment in Chambéry! 8
-)
A little later, she will speak more about her participations
in festivals, like Jean-Pierre Léaud did for example,
exhausted after one week in New York, where everyone raises
questions about Truffaut!
"Such a participation makes strong feelings and rememberings
coming out of your own personn, even positive!".
At the end of last year, Irene Jacob came for three days in
Lodz, and had meetings and discussions with students (where,
one gave a "Kieslowski Price" to her!) A duty for her to
"transmit what she could think of Kieslowski's work",
intense but very tiring moments, she added!
Surprise:
John
Malkovich himself in Alès!
Some good surprise in "Itinerances"Festival for the 3 days
period that we followed:
- Terry Zwigoff; "Crumb" and "Ghost World" (whaow!)
Mr. Crumb himself came to answer questions- "Remember Marvin
Gaye", astonishing documentary by the Belgian director
Richard Olivier: the singer has made a pause for two years
in
Ostend!
- John Malcovich (Saturday), who confirmed us he has a very
good feeling about his work with Irene Jacob in "Beyond the
Clouds"
Thanks to Festival teams for invitation and welcome, &
to Irene Jacob for her (long) public interventions and
exclusive comments.
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