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 Alès, 2003 : “Hommage à Irène Jacob” - MAJ 26 sept.2003

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alain martin/www.irenejacob.net

Irène Jacob présentée par Antoine Leclerc,
délégué général du Festival Itinérances
PLUS DE PHOTOS/ MORE PICS!

Itinérances : la 21e édition du festival de Cinéma d'Alès, sous-titrait du 20 au 22 mars 2003, "le spectacle continue", se consacrant aux liens entre cinéma et spectacle vivant : théâtre, danse, musique ou cirque…
Pouvait-on rêver d'un plus beau contexte pour présenter un hommage à Irène Jacob ?

Les interventions d'Irène Jacob :
- la soirée hommage du 20 mars avec projection et discussion sur
"
l'Affaire Marcorelle" et "Rouge" ;
- la présentation le 21 mars de "l
a Double Vie de Véronique"
et un question-réponse autour de "
Au-Revoir les Enfants", avec le jeune public ;
- la participation à la présentation du film inédit "
Nés de la Mère du Monde" par Denise Chalem, le 22 mars.




"C'est une question de curiosité et de désir.J'aime le cinéma où le réalisateur s'intéresse aux comédiens et sait les utiliser pour raconter une histoire. C'était la force de Kieslowski, ses fikms touchaient les gens dans tous les pays. Pour moi l'émotion n'a pas de frontière…"
Midi Libre Cévennes, 21 mars 2003

A propos de l'Affaire Marcorelle :
"Le réalisateur avait beaucoup joué avec les personnalités de cinéma, et pour Jean-Pierre Léaud et pour moi… je joue le rôle d'une Polonaise, un peu comme dans "la Double Vie de Véronique"… donc dans ce film il y a beaucoup de clin d'œil au cinéma, et d'ailleurs Serge Le Péron est quelqu'un qui s'est beaucoup engagé lui aussi auprès des Cahiers du Cinéma, des cinémathèques.
Voilà, c'est un film très personnel où il a osé des choses avec sa fantaisie… et j'ai eu beaucoup de plaisir à travailler avec Jean-Pierre Léaud, c'est une très belle rencontre, aussi."


A propos de Rouge :
"Dans la Trilogie, le travail avec Pieciewisz, le co-scénariste, c'était une manière d'être près des gens et de leurs préoccupations de tous les jours, en même temps que de raconter une belle histoire de cinéma.
Kieslowski aimait toujours partir de quelque chose d'impossible. Là, qu'est-ce que ça peut être la fraternité entre deux êtres qui n'ont évidement rien à voir, qui même vont s'opposer au départ ?… et comment quelqu'un de si loin de vous, a priori même contre, se retrouve dans un destin tout à fait particulier, pour devenir finalement une personne qui va être très proche de votre intimité.
J'ai l'impression qu'à chaque fois… Krzysztof essayait, avec son co-scénariste, de trouver une situation extrême pour arriver à voir le chemin qui fait que : "si !… rien n'est impossible !" Et ça représentait assez bien l'esprit de Krzysztof Kielowski : quelqu'un qui a priori n'était pas un grand optimiste… mais qui cherchait toujours ce chemin : trouver là "où ça existe" même si c'est rare de pouvoir le mettre en valeur.
La façon de travailler dans ce film était très différente de "la Double Vie de Véronique" puisqu'il essayait plutôt de trouver la balance entre deux personnages : quand l'un gagnait… quand l'autre reprenait la main… presque comme un ping-pong.
Et puis Valentine c'est un personnage qui est presque toujours en révolte, donc l'ambiance de tournage au début était très chargé, avec les scènes du Juge. On avait répété un week-end dans la maison du juge, pour trouver la façon dont il allait organiser nos déplacements. Au cours de ces trois semaines de tournage, j'ai eu vraiment -c'était une sensation personnelle- l'impression d'être un ventre ouvert… alors que les gens me disaient "vous êtes tellement douce dans ce film !"
Irène Jacob a souligné aussi la qualité de la lumière de Piotr Sobocinski (mort il y a deux ans) qui avait beaucoup de propositions dans ce film (dont le rappel de l'affiche publicitaire dans la scène finale) et qui avait construit une lumière très compliquée pour les acteurs, toujours en clair-obscur. "Et je peux vous dire que ce n'était vraiment pas facile pour les déplacements [elle mime] : comme ça… comme ça… comme ça… avec un superbe résultat !

"En ce qui concerne la catastrophe du ferry à la fin, on a critiqué le fait que, comme par hasard, c'est uniquement les six héros de la trilogie qui s'en sortent… mais mon interprétation personnelle, c'était vraiment de se dire que finalement, qu'est-ce qui reste dans la vie ? Seulement les personnes qu'on a connues… donc, on ne connaît pas les autres personnes du ferry ; il ne reste que ceux qui échappent au chaos de la vie, ceux avec qui on a partagé quelque chose, ne serait-ce qu'un petit moment autour d'un film, aussi !
Je crois que "Rouge" a beaucoup compté pour Kieslowski aussi parce que lui qui n'avait franchement pas l'habitude de s'auto-féliciter, quand il l'a vu, a dit qu'il en était très content.
En général, il disait : "si je suis content de 30% du film que j'ai fait, j'en suis content… parce qu'on ne peut pas faire plus…" Finalement j'ai réalisé que c'est vrai : on ne peut pas être toujours au top ; si déjà un film vous touche pendant par exemple vingt minutes, ça suffit, je peux ainsi être très reconnaissante à une actrice ou un acteur sur scène qui pendant cinq minutes me fait sentir quelque chose, me rappelle une émotion…"
Irène Jacob précise encore que s'il n'y avait que "une ou deux voire trois prises si le plan était très compliqué, par contre la scène était tournée de beaucoup d'angles différents. Kieslowski était un réalisateur qui privilégiait des angles afin d'avoir un choix de focales et d'angles : il avait déjà un montage très présent en tête au moment de réaliser ce film.
La direction d'acteurs visait souvent à rendre les personnages dans une tension extrême : on ne pouvait pas mettre un petit enjeu, i l y avait toujours un grand enjeu à placer dans ces personnages. … je sentais qu'il avait besoin qu'on soit comme un ressort hyper-tendu et qu'on soit toujours dans un moment de grande suspension, qu'on a de temps en temps dans la vie mais pas toujours ! Les moments d'un grand événement dans la vie où on a l'impression de marcher comme un funambule, d'être hyper-réceptif à tout ce qui va nous arriver : c'était cet état là qu'il attendait de nous ! Pour moi, le personnage de Valentine, en tout cas, c'était ça…


 A propos de "La Double Vie de Véronique" :
"Ce film, je l'aime beaucoup : c'est mon premier amour avec le cinéma. J'avais vu le Décalogue mais je n'avais jamais imaginé qu'une telle rencontre serait possible ! Comme ce film repose beaucoup sur les "deux Véronique", l'actrice est tellement présente à l'écran que Kieslowski m'avait demandé beaucoup d'improvisations, de réfléchir à ce que c'était que la solitude, ce que je faisais quand je me sentais seule…
Comme il pensait que c'était un film qui aurait pu facilement devenir poétique, il me demandait des choses concrètes : "des choses réelles bien ancrées dans ta vie et ta personnalité, car, à ce moment-là, si c'est bien personnel, ça va pouvoir toucher un maximum de personnes, qui vont pouvoir s'identifier".
Cela peut paraître paradoxal mais c'est ainsi.
Irène Jacob s'est senti ensuite "la responsabilité d'expliquer le début du film", puisque le Festival a projeté la version américaine de "la Double Vie", c'est-à-dire bande son de la première partie en polonais, la suite en français, le tout sous-titré en anglais. (Rappelons qu'il est toujours impossible d'obtenir légalement les copies françaises, le règlement judiciaire de l'exploitation de ces copies n'étant pas encore réglé).
"Weronika a un souffle au coeur, elle devrait arrêter, mais c'est une fille passionnée qui dévore la vie…" Irène Jacob a insisté sur la scène où Weronika vient vers son père, la nuit, là où elle dit "j'ai l'impression de ne pas être seule". Pour elle, "c'est le thême du film car c'est une idée de Krzysztof Kieslowski que quand nous sommes vraiment seuls il y a des moments où l'on se sent complètement accompagné par quelque chose et des moments où l'on ressent un grand vide, un grand manque. Pour essayer de raconter cette histoire, il a imaginé deux filles quelquepart qui pourraient vivre un destin similaire.
L'important pour moi c'est cela c'est que Weronika va aller jusqu'au bout de sa vie dans un don total, qui va dans lequel elle comblera quelque chose d'assez fort… alors que Véronique est quelqu'un qui est beaucoup plus dans la réception que dans le don mais qui nous ressemble finalement pas mal par ce que nous sommes là avec nos hésitations, parfois à côté de nos destins, quand on se dit : "je suis là mais est-ce que je ne devrais pas être autre part ?… je suis avec cette personne mais ne est-ce que je ne devrais pas être à côté d'une autre ?…"
A la sortie de la salle, un Polonais n'a pu s'empêcher de poser la question à Irène : "mais est-ce que vous parlez polonais" ? Et bien non, lâcha t-elle tout en pronoçant quelques mots… en polonais : elle prononçait son texte, était "bien entourée" et un excellent doublage complètait l'illusion. Les Polonais, c'est sûr maintenant, s'y laissent prendre !


A propos de "Au Revoir les Enfants" :
"Je n'ai pas fait option cinéma à l'école… mais j'aurais beaucoup aimé ! Et je faisais beaucoup de théâtre à côté de mes études. Et c'est lors d'un spectacle à la Rue Blanche
(ENSATT, maintenant à Lyon, NDLR) qu'on m'a proposé de faire des essais pour ce film. L'accent suisse devait plaire à Louis Malle, et puis il fallait savoir jouer du piano… et finalement j'ai été prise ! Et quand ce sont des petits rôles on n'est pas très au courant et personne n'a le temps de s'occuper bien de vous… pourtant avec très peu de mots, Louis Malle m'avait finalement bien dirigée : en deux trois gestes il avait eu ce talent de bien cibler le personnage avec quelques éléments pour le raconter…



A propos de "Nés de la Mère du Monde" :
Une femme marseillaise "confond" une autre jeune femme, Clara, avec la fille qu'elle n'a pas eu, et pense qu'elle n'est pas au courant de ses origines. Alors, elle lui envoye, sur une cassette, l'histoire du Caire des années 50. Cette fois la bande n'est pas mystérieuse, puisque c'est avec force détails qu'Odette (Marthe Villalonga) conte son histoire !
Clara, interprétée par Irène, romancière, vient de publier un premier roman, et va avoir un enfant. Elle ne s'est jamais posé la question de ses origines… elle accepte donc de rencontrer cette femme, Odette, qui va lui donner des précisions mais peut-être aussi bouleverser sa vie en y faisant irruption !
Le film devrait être diffusé sur Arte en mai prochain.
Irène Jacob a salué le travail de la réalisatrice, qui trouvait le bon mot et le bon geste pour chacun des acteurs dans un tournage de 21 jours a-t-elle rappelé, où "on n'a pas droit à l'erreur !".


En coulisses, avant de retourner sur scène pour les questions-réponses après "Au Revoir les Enfants", Irène nous glissait :
"Un hommage ? Peut-être que j'aurais accepté avant mais… personne ne me l'a proposé. J'ai hésité, mais finalement ça m'a fait plaisir. Il faut savoir que quand je participe à un festival… je donne de ma personne ! … et puis, après tout, tout le monde pourrait parler de son parcours, il n'y a pas besoin d'avoir fait beaucoup de choses…"
Par contre, Irène regrettait qu'il manque au moins "un des films anglais, "Othello", par exemple !".
Un peu plus tard, elle nous parlera encore de ses participations à des festivals, à l'image de celles de Jean-Pierre Léaud par exemple, épuisé après une semaine à New-York et à qui tout le monde pose des questions sur Truffaut : "Tout cela ça n'est pas innocent, ça réveille des choses fortes, et positives, mais ça bouleverse, aussi !".
Impression qu'elle a ressenti en Pologne à la fin de l'année dernière durant trois jours à Lodz de discussions des heures entières avec les étudiants (où, au passage, on lui a remis un "Prix Kielowski" !) : elle s'est fait "un devoir de transmettre ce qu'elle pouvait penser de tout cela", mais ce sont des moments qu'elle juge intenses mais très fatigants.
A propos du site www.irenejacob.net :
"Je n'aurais jamais pris l'initiative d'un site sur moi et je ne vais jamais le consulter personnellement… mais quand les gens m'en parlent, ça me fait plaisir !" 8-)
Et, à propos du livre "
Irène Jacob, l'autre regard" :
Irène et quelques personnes qui ont voulu le consulter ont pu examiner une première version à Alès puis à Paris. Pour Irène, qui a déjà consulté une première version et des notes d'intention auxquelles elle avait apporté ses commentaires, la démarche très personnelle, l'aspect dialogué lui conviennent, mais, euh… "c'est encore trop gros". De vraies coupes ont été effectuées depuis !




Surprise : John Malcovich nous rend visite !
© Alain Martin

Quelques bonnes surprises de ce Festival pour la période des 3 jours que nous avons suivis:
- Terry Zwigoff ; avons vu un "Crumb" et un "Ghost World" (décapant!) et Mr Crumb en personne est venu s'expliquer et répondre aux questions…
- "Remember Marvin Gaye", étonnant documentaire du réalisateur belge Richard Olivier sur presque deux années d'escale du chanteur… à Ostende !
- Visite surprise de John Malcovich dimanche, qui lui aussi nous a confirmé avoir gardé un très bon souvenir de son travail avec Irène Jacob sur "
Par Delà les Nuages"…
Merci à l'ensemble des équipes du Festival pour leur accueil cordial et efficace!
Merci à Irène Jacob pour ses interventions et les commentaires exclusifs…



Irène Jacob sur France Inter
le 12 mars 2003 à 22:10
(José Arthur)


Irène Jacob. (comédienne)
En tout cas, il y a vraiment un programme formidable : je salue ce festival… enfin je ne parle pas de moi évidemment… (rire)
José Arthur. (animateur)
C'est un programme bien établi parce qu'un fou furieux pourrait presque tout voir !
Antoine Leclerc. (délégué général Festival)
Oui il faudrait qu'il soit plutôt fou furieux et… qu'il dorme quatre heures par nuit : ce serait un petit peu difficile… certains journalistes suggèrent de prendre des congés !"


L'hommage de José Arthur à Irène Jacob… et à "Itinérances"

En première partie du "Pop-Club", Antoine Leclerc, délégué général d'Itinérances a présenté le festival de cette année. Puis Irène Jacob est revenue sur son parcours : les débuts avec Louis Malle ("Il cherchait une actrice qui jouait du piano. Il se trouve que pouvais assez bien jouer le Rondo Capricioso de Saint-Saens qui n'était quand même pas une mince affaire. Et là Margot Capelier m'a vu et m'a convoquée après cela, et elle en a parlé à Krzystzof Kieslowski qui avait vu le film…"), les deux après-midi d'essai avec
Kieslowski…("Je sortais d'un film que j'avais adoré faire, un premier film américain… et je suis arrivée là-bas inspiré, portée… je comptais passer des vacances aux Etas-Unis et j'ai du revenir, traversé l'Atlantique et je me suis dit : si ça marche c'est super, sinon d'autres choses m'attendent…)
Et puis, nous avons entendu un petit extrait sonore de… "Rouge". A vrai dire, on entendait surtout Jean-Louis Trintignant, l'occasion, une dernière fois et à l'antenne, de l'inviter à se joindre à la soirée du 20 mars à Alès, en tant que voisin (sait-on jamais ?).
A propos de la
musique : "C'est vrai que la musique m'a toujours suivie et je continue des spectacles musicaux. La Double Vie de Véronique, une violoncelliste… je vois des rendez vous musicaux à travers mon parcours… assez fréquents…"
Bien sûr a t-elle répondu, "je peux jouer en français et je maîtrise l'anglais mais avec un accent français certain"…
Pour Irène Jacob, le théâtre s'est enchaîné après cette proposition en 2000 d'Irina Brook ("Résonances") dont elle était si heureuse : "Je retrouve le théâtre avec grand plaisr !"
Elle a rappelé qu'elle a accepté cet hommage ("Quoi, qu'est-ce que c'est ?!?" avait-elle d'abord pensé…) par ce que finalement c'est "très gentil" et surtout elle a tenu à saluer ce festival, y ayant même déjà présenté "la Double Vie de Véronique".
Antoine Leclerc rappelait ensuite que ce n'est pas un hommage avec "du strass, des paillettes… mais une rencontre avec elle sur un parcours, des cinéastes et des œuvres. Ce sera très simple !"
A José Arthur qui lui demandait si elle avait eu des professeurs, elle qui joue si naturellement…elle répond qu'elle a eu une formation : la rue Blanche, Garfein…, mais surtout que "on a l'impression de jouer un rôle mais en même temps il y a tout ce qu'on est qui vous rattrape, qu'on n'a pas planifié de rendre à l'image mais qui vient. Grâce à cela on change, cela peut évoluer…" Mais constate t-elle : "je suis une piètre actrice dans la vie ! Quand on enlève le micro… il n'y a plus rien !"
(C'est une très jolie phrase mais que nous ne pouvons exactement valider. NDLR)
Questionnée sur ses projets futurs, Irène a avoué travailler en ce moment sur un film sur Anna Karina.
Pour conclure, José Arthur semblait ravi de recevoir celle qu'il a présentée comme "une des plus belles femmes du monde (sic!), une des meilleurs comédiennes du monde…" précisant qu'elle prend admirablement la lumière !
L'histoire ne dit pas si Irène a encore rougi sous le lustre et les abats-jours du Fouquet's…
(am)



Les projections :

L'Affaire Marcorelle 20 mars
Au-Revoir les Enfants* 21 mars
Au-Revoir les Enfants 25 mars
La Double Vie de Véronique (version US) 21 mars
Fugueuses 23 mars
Nés de la Mère du Monde* 22 mars
Par-Delà les Nuages 22 mars
Trois Couleurs : Rouge* 20 mars
* En présence d'Irène Jacob



…Irène ? Elle a cette liberté-là : elle n'est pas emprisonnée dans l'économie du cinéma, elle n'est pas là pour ça. Elle est là pour faire des rencontres, de beaux films…
Jean-François Gabard, agent d'Irène Jacob, janvier 2002
…D'un film à l'autre, Irène affirme son talent, sans bruit, et impose son éclatante beauté, ses beaux yeux mélancoliques, sa douce joie de vivre, sa voix inoubliable, son extraordinaire présence dans l'intimité d'une recherche incessante qui passe aussi, bien sûr par le théâtre qu'elle n'a jamais abandonné, mais aussi par la musique et par le chant…
Les petites partitions d'Irène Jacob, extrait du texte de Gérard Camy… pour l'hommage à Irène Jacob.

Les choix de l'actrice l'ont naturellement conduite vers un cinéma d'auteur et, si cette exigence lui permet un parcours sans faute, il serait dommage que sa beauté et cette espèce de pureté dans son jeu lui coupe l'entrée vers un cinéma plus léger qu'elle semble aussi capable d'aborder. Elle joue d'ailleurs dans un film remarquable et inclassable de Serge Le Péron…
La Marseillaise du Gard, 20 mars 2003

…J'imagine simplement le remake d'une scène curieuse d'All Men are Mortal, j'imagine Lyuda, Sarah, Johanna, Agieska… comme les femmes soudain figées par le regard interrogateur de Camille devant son face-à-main : les regards de ces femmes convergent soudain vers celle qui interrogeait son propre visage, visage-masque du théâtre, visage découpé dans la fenêtre oblongue de l'écran de cinéma…
Comment Irène Jacob peut-elle être à la fois Marie, la jeune fiancée française embarquée dans les cascades et les pirouettes à cent à l'heure d'U.S. Marshals et… cette mystérieuse jeune inconnue dont, à part Michaelangelo Antonioni, personne peut-être ne saura jamais le prénom, elle aussi lumineuse et grave, qui referme la porte d'un immeuble d'Aix-en-Provence, un soir d'hiver 1994 ?
Extrait d'"Irène Jacob, le double regard", Alain Martin, Caroline Cottier, Charles Dobrowski, mars 2003.

About "L'Affaire Marcorelle":
"Serge Le Peron made use of our personnalities in cinema, Jean-Pierre Leaud likewise me: for example, my character was a Polish woman, someone like in "Double Life of Veronique"… this movie is plenty of private jokes concerning other movies… Serge Le Peron was very engaged in cinema: "Les Cahiers du Cinema", cinematheques, etc.
Well, a very personnal film, in which he has dared many scenes with his own fantasy… and I enjoy working with Jean-Pierre Leaud, a nice meeting, too."

About "Red":
"For Kieslowski, the work with Pieciewisz, co-writer, was a manner of being close to people and their everyday-life concerns, as well as to tell a beautiful story. Kieslowski always liked to start from something impossible. There, what can be fraternity between two human beings which have almost nothing common, which even have been opposed at the beginning of the film? How can somebody so far from you, even against you, finds himself in a completely particular destiny, being finally very close to your intimacy. I feel that Krzysztof always tried -with his co-writer- to find an extreme situation to manage the way to say: nothing is impossible! Krzysztof Kieslowski's spirit might be like that: not a big optimist, but always looking for this way: to find "where something can exist" even if rare.
The way of working in "Three Colors: RED" was very different from "The Double Life of Veronique" since Kieslowski rather tried to find the balance between two characters: when did one win?… when the other took again the hand?… almost like a table tennis. And the character Valentine is almost always revolts, therefore the atmosphere of the making of the film was heavy, during the scenes with the Judge. We played reherals for one weekend in the Judge's house, to find the good way to organize our steps. During these three weeks, I had really the feeling- a personal feeling anyway- that I was just like an "open belly"… whereas people said to me "you are so soft in this film!"
Irene Jacob also underlined the quality of the light by Piotr Sobocinski (dead two years ago) which had many proposals in this film (of which the recall of the advertising photograph in the final scene) and who had built a very complicated light for the actors, always into low key. "And I can say that was really not easy for displacements [She mimes ]: like that? like that? like that? [laugh] with a superb result!
"About the catastrophe of the ferry in the end of the film, one criticized the fact that "as by chance, they is only the six heroes of the trilogy saved"! But my personal interpretation, finally, is : "what remains in life? Only the people whom one did know? Thus, the other people on the ferry were not known of us! There remain only those who escaped chaos from the life, those with which one shared something… even… a short time of discussion about a film, too!
I believe that this film was of much value for Kieslowski because, frankly, he was not accustomed to self-congratulation, but when he saw it, he said that he was very satisfied! Generaly, he used to said :"if I am OK with 30% of the film which I made, I am fine… because one can hardly make more!" Finally I realized that he was true: one cannot be continuously at the top… so, if a film can touch you during twenty minutes, that's enough; I can thus be very grateful with an actress or an actor on scene who makes me feel something during five minutes, points out an emotion to me".
Irene Jacob added that if there were only "no more than two or three shots for a plan, on the other hand the scene was seen from many different angles. The director privileged angles of visions in order to get a choice of focal distances and angles: he had already the future set in mind.
The direction of actors often aimed at returning the characters in an extreme tension: one could not put a small stake, one had always a great strenght there to place in these characters? I felt that it required that the actor felt like a bended spring, in a moment of large suspension, one moment like from time to time in life but not always! …the impression to walk like a funambulist, to be hyper-receptive with all that will happen to us…

© alain martin/www.irenejacob.net

About "the Double life of Veronique":
"This film, I like it much: it is my first love with cinema. I had seen "Decalog" but I had never imagined that such a meeting with the director could be possible! In this film the "two" Veronique (Weronika/Veronique) and the actress who plays the part are so present on the screen that Kieslowski had first required many improvisations from me: think ing of what is loneliness, what do I feel when I am alone?… As he thought the film could easily have become poetic, he asked me for concrete things: "from the real things going straight from your life and your personality, because, if personal, that will touch a great number of people, who will be able to identifie". That can appear paradoxical but thus that was."
Irene Jacob said she had "the responsibility to explain the beginning of the film", since the Festival projected the american version of "the Double Life", i.e. soundtrack in Polish, then in French, while all subtitles are in English. (Let us recall one still cannot obtain the French copies -legally-, bankruptcy proceedings of the exploitation of these copies not being regulated yet).
"Weronika has a heart disease, she should stop, but she is an impassioned girl, very found of life…" Irene Jacob pointed to the scene where Weronika comes towards her father, the night when she says "I have the impression not to be alone". For Irene, "here is the theme of the film, because Krzysztof Kieslowski thougt that when one is really alone, one feels, sometimes, completely in harmony with something… and on the other hand, by the moments a great lack. To tell a story about this, he imagined two girls in two places… who could live a similar destiny.
The significant fact for me? Weronika will go to the end of her life in a total gift… whereas Veronique is somebody who is much more in the reception that in the gift, but she looks finally close to us, with our hesitations, sometimes beside our destinies, when one says oneself: "I am there but shouldn't I be away? I am with this person but I shouldn't be close to another?"
During the break, a Polish ask THE question to Irene: "Well… do you speak Polish?" "Well… not at all, she said (but saying some words in Polish she remembered from her text), I had a very good team around me!" and post-production made the illusion possible. Even for Polish men, sure now!


About "Goodbye the Children":
"I did not make "option cinema" at the school! But I would have liked much! And I did much theatre beside my studies. During the end of one spectacle to the Rue Blanche (ENSATT, now in Lyons) a casting director proposed to me to carry out tests for this film. Louis Malle liked the Swiss accent, then it was necessary to know to play piano, and finally… he choosed me.
When one play a little part in a movie, one is not well-informed, nobody has time to deal with you! Anyway, with a few words, Louis Malle had directed me finally well: with two or three gestures he had this talent to focus on the main schemes of the character…

About "Nés de la Mère du Monde" (Born from the Mother-of-the-World):
In Marseilles, a woman -Odette- "confuses" another young woman, Clara, with the girl whom she did not get, and thinks that this girl does not know so much about her origins. Then, she send on a tape the history of… Cairo of the Fifties, where she has been living. Not a mysterious tape!… because Odette tells this saga with plenty of details!
Clara, played by Irene, is a writer who has just published a first novel, and will have a child. Actually, she never raised the question of her origins. She thus agrees to meet Odette, who will give him precise details but perhaps also will upset her life by making irruption there!
(The film should be diffused on Arte next May)
Irene Jacob greeted the work of the réalisatrice, which found the witty remarks and the good gestures for each actor in a -made-in-21-days-film, where "one is not entitled by time tomake an error!".


On backstage, before going back to the theatre for questions/answers after "Goodbye the Children", Irene told us: "An homage? Perhaps would I have accepted before… but nobody proposed me such an event. I hesitated, but finally that pleased to me. Let's say, when I am involved in a festival, I give the best I can… but, after all, everyone could speak about him/her, of course ! One does not need to have done so much!"
Irene was (a little) disapointed by "one of English films missing… Othello, for example!".

About www.irenejacob.net:
"I would never have taken the initiative of a website about me… and I never consult it by myself, but when people speak to me about it, I am very pleased!" 8 -)
About the book "Irene Jacob, the other glance":
Irene -who already consulted a first version and some notes and made comments- agrees with very personal step, the dialogued aspect but she took the three-pounds-manuscript in her hands and said: "hmm… still too thick!". Real cuts will be carried out for appointment in Chambéry! 8 -)
A little later, she will speak more about her participations in festivals, like Jean-Pierre Léaud did for example, exhausted after one week in New York, where everyone raises questions about Truffaut!
"Such a participation makes strong feelings and rememberings coming out of your own personn, even positive!".
At the end of last year, Irene Jacob came for three days in Lodz, and had meetings and discussions with students (where, one gave a "Kieslowski Price" to her!) A duty for her to "transmit what she could think of Kieslowski's work", intense but very tiring moments, she added!



Surprise: John Malkovich himself in Alès!
Some good surprise in "Itinerances"Festival for the 3 days period that we followed:
- Terry Zwigoff; "Crumb" and "Ghost World" (whaow!)… Mr. Crumb himself came to answer questions- "Remember Marvin Gaye", astonishing documentary by the Belgian director Richard Olivier: the singer has made a pause for two years in… Ostend!
- John Malcovich (Saturday), who confirmed us he has a very good feeling about his work with Irene Jacob in "Beyond the Clouds"…

Thanks to Festival teams for invitation and welcome, & to Irene Jacob for her (long) public interventions and exclusive comments.


 Sur l'éditorial du programme ou à l'affiche, Irène Jacob
 était au cœur du Festival Itinérances…
 DR + photo Irène= ©coll. Cahiers du Cinéma