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 La Mouette - MAJ 9 sept.2003

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© alain martin / www.irenejacob.net

"La Mouette" à Paris : qu'emportez-vous au retour ?

Le 6 octobre 1896, à Pétersbourg, Tchekhov est effondré par l'échec de "La Mouette" :
le public, venu pour une actrice… qui n'est même pas dans la distribution, boude, tourne le dos à la scène…
une méprise dont il n'est pas sûr que l'auteur se soit entièrement remis,
lui qui aimait le théâtre plus que la médecine, sans doute.
Toutefois, le succès viendra avec la deuxième représentation.
Et puis surtout lors de la création à Moscou, au Théâtre des Arts qui a gardé l'emblème d'une mouette…
Depuis, il y eut bien des "Mouette" dans les théâtres. Voilà celle de Philippe Calvario :
la première représentation ayant été annulée à Rennes (voir plus bas),
on peut dire qu'elle a eu de la même manière du succès… dès la seconde !).
Arrivée dans la Capitale elle aussi, elle a changé…
Fini l'entracte controversé (voir notre critique sur "
la Mouette" à Rennes).
Dans la chaleureuse salle des "Bouffes du Nord", à même le parterre,
s'étend la pelouse maintenant fameuse de "la Mouette".
La troupe y a trouvé ses marques, et, dans un décor un peu remanié joue d'affilé :
près de trois heures à la campagne, loin de Moscou, en compagnie de personnages curieux de prime abord.
Pourtant, c'est avec eux que vous repartirez…
Mais qu'emportez-vous au retour ?
Qu'avez-vous donc en tête, lorsque les portes du théâtre se referment, que reprennent les conversations ?
…l'air de "Somewhere over the rainbow", la figure de la pauvre Macha qui ne boit pas en cachette, elle…
un sentiment partagé pour un écrivain célèbre, qui ne peut s'empêcher, à tout instant, de prendre des notes, au cas où…
une sympathie grandissante pour Konstantin, célèbre un jour peut-être ?
… ou encore l'instituteur qui fera toujours ses "6 vestres à pied jusqu'à la gare", pour ne pas gêner…

mais aussi… la lune sur le lac que vous aurez cru apercevoir…
à moins que ce ne soit le cri d'une mouette (Tchaïka!!!!!!),
un coup de feu, un coup de cœur…

"Je suis une mouette, non ce n'est pas ça… je suis une actrice !!!"


Alors, mouette ou actrice, Irène Jacob? Peut-être les deux ?

"Il faut montrer la vie non telle qu'elle est, ni telle qu'elle doit être,
mais telle qu'elle nous apparaît en rêve."
(Tchekhov - La Mouette)


Le 16 juin au soir, les rappels et quelques bouquets à une Nina émue pour la "dernière" de la "seconde" Mouette.
Explication : Dominique Blanc (Mouette n°1, qui avait été victime d'un accident au répétition, donc convalescente) n'ayant toujours pas repris le rôle de Nina tenu par Irène Jacob (Mouette n°2), c'est Julie Harnois qui tint le rôle de la "Mouette" n°3, du 18 au 30 juin.

Depuis Rennes, la pièce a fait son chemin : si personne ne pouvait, en ce début d'année 2002, prédire les conséquences sur la carrière théâtrale d'Irène, Julie…et Dominique Blanc, Philippe Calvario avait déjà conquis à travers la France un nouveau public pour une nouvelle "Mouette".



Merci pour vos encouragements communiqués en début d'année à la comédienne (entre autres):

"Viendrait-elle jouer la Mouette à Paris?
si oui, je vote POUR dès le premier tour sans hésiter!"
(P.)

"Je reste sur un merveilleux souvenir de vous dans "Résonances"
et l'envie de vous revoir à nouveau sur les planches est forcément très intense…
S'il est tout à fait normal que le seul voeu d'une de vos admiratrices ne soit pas suffisant
à vous décider complètement, j'espère que ce tout petit message fera pencher légèrement la balance...." (
C.)



Irène à Rennes :
"I can't get no… satisfaction !"

Whaoff! Ca démarre comme cela, ce n'est pas du Tchekhov, mais ça viendra. D'autres musiques suivront, sans nuire à l'attrait et à l'équilibre de l'ensemble.
Le rideau se baisse trop rapidement sur un petit théâtre de plein-air. Nina, jeune comédienne alias Irène Jacob, qui -le geste ou la jupe?- parvient à faire les 18 ans qui vont à l'héroïne! Nina tentait d'interpréter la pièce d'un jeune auteur, Konstantin, devant un parterre de familiers. Mais lassé des quolibets, celui-ci a coupé court.
Voilà pour la pièce dans la pièce. Mais pour le reste, quel spectacle! Trois heures à peine interrompues, pas une seconde d'ennui, et l'énergie de tous, nécessaire à mobiliser
le gigantesque plateau et l'imposante salle du Théâtre National de Bretagne.
Côté décor, il y a une petite élévation, un arbre symbolique, quelques chaises, un lac à imaginer.
Et voilà qu'avant le dernier acte, ce décor se transforme… (à vous de découvrir!)
Et puis Nina revient, deux ans plus tard "amaigrie, les yeux plus grands" : la pièce, vous l'aurez compris parle du théâtre, des acteurs, des écrivains, de la création mais surtout de nous, bien sûr. Et après ? Serions-nous un peu plus intelligents, un peu plus sensibles au sortir de ce spectacle?
Possible, par la grâce d'un auteur, d'un metteur en scène et d'une troupe entière à leur service.
(am, depuis Rennes)


"Les 6 jours de répèt. d'Irène resteront toujours un mystère pour moi !
"La patience est le plus important" m'a t-elle dit, mais moi je crois plutôt au talent, pas le petit talent, le grand, le rare, qu'elle a...qui est capable de petits miracles !"

(Aurélie)


Début mars 2002, IMPROMPTU, après "une semaine de répétition seulement", Irène Jacob reprenait le rôle de Nina dans "La Mouette" dans la mise en scène Philippe Calvario (ancien assistant de Chéreau).
Traduction André Markowicz et Françoise Morvan (version de 1895 dite "version longue")

Nina : "Mais, je pense que pour qui a connu le plaisir de la création, les autres plaisirs ne doivent plus exister"




"Tchekhov disait que : "Souvent les femmes qui sont au bord de la chute tombent fatalement amoureuses d'un homme…" tel que Tregorine… comme si la chute était déjà en elles…"
(Europe 1, 6 juin 2002)

"C'est un rôle dont rêve beaucoup de comédiennes, parce qu'on a l'impression qu'on va s'identifier…
mais je crois que Nina va dans une telle dimension que ça dépasse toute identification… […]
Elle, c'est différent, elle est prête à tout sacrifier pour la gloire,
c'est ce qu'elle ch…ouette, euh, c'est ce qu'elle souhaite !"
(France Inter, "Tamtam", 27 mai 2002)

"Je savais que c'était un rôle magnifique que toute comédienne a envie de jouer. […]
Et je sentais que ce spectacle dégageait une énergie, une envie…"
(Ouest France)

«Au départ, j'ai eu très peur. Comme toutes les jeunes comédiennes, j'ai rêvé d'interpréter le rôle de Nina. Je craignais de briser ce rêve par manque de temps pour m'y préparer. Il me fallait me fondre dans une mise en scène déjà aboutie, et surtout, apprendre un texte relativement ardu ! Maintenant, je suis plus détendue sur scène, et m'approprie peu à peu ce personnage».
(Le Télégramme de Brest)

"Pour moi c'est ça le théâtre. Une aventure, fondée sur des rencontres, où les gens sont déterminants… Ce rôle bouleverse un peu mes projets immédiats… mais le théâtre c'est quelque chose de vivant, je relève le défi, j'ai besoin de m'épancher librement, c'est l'émotion qui prime !"

(Sud-Ouest, 9 avril 2002)



"…Irène Jacob, une Nina combative au sourire radieux, blessée au final, à bour de souffle…"
(Figaro Madame, 8 juin 2002, Marion Thébaud)

"Une galaxie de solitaires, d'insatisfaits, hantés par les ratages, les frustrations de leur existence.
Mais qui ne se résignent jamais. Qui continuent leur chemin, fût-ce désespérément.
Et que Tchekhov observe d'un oeil attentif de médecin, son premier métier."

(Télérama du 25 avril 2002, Fabienne Pascaud)

"Irène Jacob propose une Nina inhabituelle, qui joue le tout pour le tout avec calme,
presque avec bonheur, qui marche d'un pas sûr au désastre, en beauté :
un ciel bleu de tragédie, superbe.
[…] Tous les comédiens semblent à leur mieux :
Philippe Calvario a mis en salle de réveil, sans lui faire bobo,
La Mouette de Tchekhov, notre grande petite sœur à tous."
(Le Monde, Michel Cournot, du 2 juin 2002)

"Un défi un peu fou qu'a décidé de relever la comédienne…"
(Le Télégramme de Brest)

"Les personnages sont tous en quête d'un idéal qui le plus souvent n'advient pas. Ils attendent quelque chose qui n'arrive pas, ou alors ils se projettent dans un futur impossible. Treplev s'interroge à propos du théâtre, il ressent l'inutilité de chercher absolument des "formes nouvelles" […]
Nina, la Mouette, accompagne Treplev dans sa quête formelle avant de se laisser séduire par Trigorine, et de partir avec lui. […] Le spectacle se déroule dans une époque indéterminée, les temps se rejoignent dans le mal de vivre des personnages."
(Philippe Calvario)

"Et cet accessoire, ce symbole qui donne son titre à la pièce, on se dit que Tchekhov, lui qui connaissait si bien les oiseaux, ne l'a pas choisi pour rien. Et voilà qu'on se met à chercher à quoi ça ressemble, une mouette, en été, à cet endroit de la Russie : et là, nouvelle surprise, on découvre que la mouette n'est pas &emdash;pas seulement &emdash; le bel oiseau blanc et pur qu'on imagine, symbole de la nostalgie et de l'élan vers les confins de l'horizon... C'est un oiseau à capuchon sombre, à bec rouge, qui fait penser à un masque de commedia dell'arte, image d'un théâtre un peu factice et inquiétant.
A partir de ce qui n'est qu'un mince détail, le rôle de Nina prend une autre signification,
et nous voilà invités à voir sous un autre angle, toutes les réflexions des uns et des autres sur le théâtre."
(Françoise Morvan)

"La ponctuation préférée de Tchekhov, ce sont les points de suspension,
il les confie aux comédiens comme un espace de rêve."
(Mikhalkov)


(Du 18 au 30 juin, Julie Harnois était Nina ! On l'a vue (entre autres) pour la télévision dans "Le jugement de Salomon" (Florence Strauss), au théâtre dans "Et maintenant le silence" (Ph. Calvario). Julie Harnois prépare un Marivaux pour la rentrée. A suivre!…)


MERCI à :
Georgette Moulin, du Théâtre National de Bretagne et à l'équipe (
www.theatre-national-bretagne.fr).
au Quartz de Brest, à Anne du Théâtre des Célestins de Lyon,
à Sabine Vilotte du Théâtre national de Bordeaux-Aquitaine,
à Clotilde du Théâtre de Dijon Bourgogne, au Théâtre de Dijon, auThéâtre de Nevers…
et au Théâtre des Bouffes du Nord à Paris pour son accueil
à Nathalie Gasser (relations presse de "La Mouette"),
à Jean-Claude Jay pour son regard sur "la Mouette", à Jérôme Kircher,
à Philippe Calvario et Irène Jacob.



© Alain Dugas


"La Mouette" / "Tchaïka" d'Anton Tchekhov
Théâtre des Bouffes du Nord, Paris
mars-juin 2002
Irène Jacob est Nina Mikhaïlovna Zarétchnaïa.
avec aussi :
Philippe Calvario (Medvedenko)
Florence Giorgetti (Arkadina)
Jean-Claude Jay (Dorn)
Jérôme Kircher (Tréplev)
Johan Leysen (Trigorine)
Guy Parigot (Sorine)
Chloé Réjon (Macha)

Mise en scène : Philippe Calvario
Assistante : Valérie Nègre
Lumière : Bertrand Couderc
Costumes : Aurore Popineau
Son : Eric Neveux
Traduction : André Markowicz & Françoise Morvan.
Création le 5 mars 2002 au Théâtre National de Bretagne à Rennes

"La Mouette" a été jouée :
Théâtre national de Bretagne (Rennes) du 28 fév. au 15 mars
Théâtre Le Quartz (Brest) du 19 au 22 mars
Théâtre des Célestins (Lyon) du 26 mars au 6 avril
Théâtre national de Bordeaux-Aquitaine (Bordeaux-Lac) du 9 au 13 avril
Théâtre National Dijon-Bourgogne (Dijon) du 16 au 20 avril
Théâtre de Nevers, du 23 au 24 avril
La Halle aux Grains de Blois, du 26 au 29 avril 2002
Théâtre des "Bouffes du Nord" (Paris) du 21 mai au 30 juin 2002.



Irene in Rennes…
"I can't get no… satisfaction!!!"
Whaof! Rock on the stage, not a Tchekhov's word, just a musical introduction.
You'll heard some other musics, see some dances, just for the fun and rythm.
Curtains bends down too quickly on a small theatre: Nina, young actress alias Irene Jacob
(who - the gesture or the dress? - manages to make a 18 years old heroin!) tried to interpret the part of a young author, Konstantin, in front of a floor (the familiar ones).
The audience got on his nerves, so he decided to stop now.
Well, this is the play in the play.
The whole "Mouette" is 3 hours long (just 15"-pause) , but not a second was lost.
A little hill, a tree, a lake to imagine: a dozen comedians had walked along the stage and,
Then Nina returns, two years later, "thinned down later, the eyes larger": "I am a gull! not it is not that…I am an actress!"

02:00 am. The night lies on Rennes : spotlights hesitating, crossing on the cloudy dark sky,
just above theatre… some birds in a small tree are singing, now.
And afterwards? Are we (a little) more intelligent, (a little) more sensitive to, leaving this spectacle?
Because of the author, the director and the whole crew.
NB: Do not search for IJ on posters: you just can see Dominique Blanc, who was wounded a few days before "première".
Irene Jacob got Nina's role "With solidarity".
(am, in Rennes)



"The Sea-gull" in Paris: what did you kept on the way back?

The play changed a lot, as we prossimed...
The much criticized entr'acte is given up. In the warm theatre at the 'Bouffes du Nord', on the very ground, lies the grass field now well-known in the play. The actors, who feel confidents there, in this scenery a little modified, play without break: three hours in the country, far from Moscow, with stranged characters at first sight. Yet, with them are you going going to leave... What will you keep on the way back? What will you have in mind at that time?... the music of 'Somewhere in the rainbow', or poor Maria's face, she does not drink on the quiet, she... a feeling shared by a fifty-five year old famous writer... a growing friendship for Konstantin, to be famous some day maybe?... or the school master who would always make the way on foot to the train station, not to disturb... but also the moon on the lake that you thought you saw... unless it was a sea-gull shouting or a gun shooting, a geart loving...
Since the scene and the room are not too huge, you will take advantage of watching the actors & the lights, hearing the sound effects…
'I am a sea-gull, no I'm not... I'm an actress!' said Irène JACOB (Nina).
Well is Irène JACOB a sea-gull or an actress? maybe both?
Let yourself make your own opinion... and feel free to let us know your feelings:
contact@irenejacob.net

English translation by zePumpkin (^_^)


© Alain Dugas

" I would be happy should she choose to take the role for the longer term,
and would certainly make every effort to come to Paris.
However, this is Irène's decision, and she should do the thing which is best for her,
regardless of how much her fans would like her to reprise the role in Paris".
(B.)



Reminder: Dominique BLANC (who had an accident at the rehearsal, hence still resting)
did not come back for the part. Irène JACOB eventually kept on being Nina, up to Paris.

Thank you for encouraging the actress like some of you did:
'Is she about to come and play in Paris? if so, I vote FOR her, right from the first ballot!' (zePumpkin)
'I keep in mind a wonderful recall of you in Resonances, & the desire to see you again on stage is definitely great... If indeed, the only wish of one of your admirer be not enough to fully make up your mind, I just hope this tiny message could make the difference...' (C.)
" I would be happy should she choose to take the role for the longer term, and would certainly make every effort to come to Paris. However, this is Irène's decision, and she should do the thing which is best for her, regardless of how much her fans would like her to reprise the role in Paris". (B.)