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Un
formidable souvenir!
Dans une interview
de septembre 2000 (www.allocine-vision.com), Irène
Jacob citait encore les films réalisés avec
Kieslowski comme son meilleur "formidable
souvenir").
Celui-ci était leur première collaboration et,
de l'attention portée par le réalisateur aux
auditions, en passant par l'exigence de travail et de
précision du tournage, jusqu'à la
consécration finale (Meilleure actrice au Festival de
Cannes en 1991), ce film est le grand départ de la
carrière d'Irène. Voir les critiques
Weronika, chanteuse polonaise meurt d'un accident cardiaque.
Véronique, en France, décide au même
moment d'arrèter le piano. Elles se ressemblent
étonnament, vivent presque la même vie
Puis Véronique assiste à un spectacle de
marionnettes où une femme meurt et renait, elle
reçoit de mystérieux envois, une cassette
de
bruits qui la mène jusqu'au marionettiste.
Pourquoi?
Véronique : double, gémellité,
correspondance, on peut donner quelques pistes pour imaginer
le film, mais il faut bien sûr le voir !
Irène Jacob est Weronika ET Véronique, double
personnage, sous le signe de la musique et de la
lumière.
Ce film est à regarder in-extenso,
inconditionnellement. Pour la lumière et pour le son,
essayez de voir ou revoir ce film sur grand écran ou,
vraiment à défaut, sur une bonne copie VHS ou
DVD (bientôt).
"Si tu
savais comme je t'en veux, toi, le
marionnestiste,
toi et les hommes. C'était bien assez d'avoir perdu
ma soeur d'infortune, d'avoir pleuré son
départ, d'avoir crispé ma main et fait couler
mes larmes sur cette photo de Pologne
Quel est ce jeu stupide, pourquoi cette cassette, cette
obscurité autour de moi
En arrivant à
Saint-Lazare, en te rencontrant, mon coeur s'est mis
à battre, encore : j'ai cru retrouver la paix,
l'amour peut-être ? Mais tu n'étais qu'un
manipulateur ! Pourquoi ? Pourquoi faut-il mourir deux fois
?
Et puis j'ai revu mon père, dans sa maison, j'ai
touché l'écorce du grand arbre, et j'ai senti
enfin sa sêve, comme un retour à la vie.
C'était la fin du film."
Extrait
de l'ouvrage de Ch. Dobrowski sur Irène
Jacob
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La Double Vie
de Véronique
(1991 - France,
Pologne &endash; 96 min.
Réalisateur : Krzysztof Kieslowski
Scénario : Krzysztof Kieslowski & Krzysztof
Piesiewicz
Production : Sidéral, Le Studio Canal +, Tor
Production (Varsovie)
Producteur : Bernard Pierre Guiremand
Distribution : Sidéral
Directeur photo. : Slawomir Idziak
Musique : Zbigniew Preisner
Montage : Jacques Witta
Avec :
Irène Jacob (Weronika/Véronique)
Anna Gronostaj (voix de Weronika)
Philippe Volter (Alexandre Fabbri)
Claude Duneton (père de Véronique)
Louis Ducreux (Le professeur)
Sandrine Dumas (Catherine)
Gilles Gaston-Dreyfus (Jean-Pierre)
Wladyslaw Kowalski (père de Weronika)
Kalina Jedrusik (femme bariolée)
Halina Gryglaszewska (tante)
Alexander Bardini (chef d'orchestre)
Jerzy Gudejko (Antek)
En bref :
Weronika, jeune choriste polonaise souffre du cur,
et meurt lors d'un concert. A Paris, Véronique,
musicienne, possède également une voix
sublime, la même apparence et le même
problème cardiaque. Elle rencontre un marionnetiste,
Alexandre, le perd, retrouve sa trace après un jeu de
pistes sonores qu'il lui envoie sur une cassette. Dans le
sac de Véronique, Alexandre découvre la photo
d'une femme qu'il prend pour Véronique : c'est
Weronika, prise lors d'un voyage de Véronique en
Pologne. Alexandre écrit un livre : l'histoire de
deux femmes nées dans deux pays différents qui
ne se sont jamais connues mais sont identiques ; l'une
mourra, l'autre survivra, profitant de l'expérience
de son double malheureux
Palmarès :
1992 : NSFC (National Society of Film Critics) Awards
Meilleur film étranger
1991 : Festival International du Film (Cannes) Prix de la
critique internationale, Prix du jury oecuménique

Le Monde
du 17/05/91 :
"Cadeau
tombé du ciel (.) La plupart du temps à
l'image, et le plus souvent seule; elle bouge vrai, ressent
droit, parle juste. Elle existe, elle est d'une
présence incroyable, elle a le sourire d'ineffable
gourmandise de la jeune Ingrid Bergman, on l'aime"
(Danièle
Heyman)
"Belle,
émouvante, Irène Jacob s'est pliée
à l'univers de Kieslowski
"
Studio
"Elle
a appris très vite la langue polonaise, en un mois et
demi (
) elle parlait sans accent. Elle est venue en
Pologne avant le tournage, a demandé à ne pas
habiter à l'hôtel mais chez des amis.
Elle
a essayé de comprendre ce pays et de le voir.
J'étais très sensible à cela et j'ai vu
qu'elle était ouverte au monde."
(Kieslowski,
"Positif", juin 1991)
Esquire, Nov
91, Raul Vega:
"Irene Jacob: A woman who cares"
(
) it's a relief to see a gal like Irene Jacob reaping
hosannas. Toute la France slavered over her performance in
The Double Life of Veronique (
) Jacob is no winking
sex kitten; she comes off all inner light and mood and, you
know, just great overflowing feeling. [Jacob:]
admits in her singsong English, "
what you can
understand is this feeling sometimes you feel that you have
to change, to look for yourself."
France Soir du 21/05/91 :
"Lumineuse,
évanescente, fragile
",
comme beaucoup, l'article ne tarit pas d'éloge sur
l'interprétation de la comédienne. Une
référence qui reviendra souvent : Ingrid
Bergman.
Irène nous apprend qu'elle a travaillé les
deux rôles "comme
des personnages parfaitement
différents",
qu'elle a imaginé "vivre,
bouger, aimer
" et d'ajouter : "C'était comme
tourner deux films en un"
Le
Figaro du 21/05/91 :
"Et si
toute cette facilité n'était qu'un leurre ? Et
si cette actrice en robe de fée était un
bourreau de travail ?"
Marin
Karmitz (interview TV, 96)
"C'est
surtout un film sur la nostalgie
C'est un état d'âme naturel à tous les
gens qui, inconsciemment, rêvent de rencontrer
quelqu'un, qui ont le sentiment qu'il y a quelqu'un qu'on
peut toucher, à qui l'on peut parler
"
Et bien
sûr, le film fait entrer Irène Jacob dans le
Dictionnaire du cinéma, court mais
efficace:
"Lumineuse
et grave, elle est formidable dans "La Double Vie de
Véronique"
"
"Brilliant
and grave, she is formidable in The Double Life of Veronica
"
Un anonyme ou presque du Web (en mars 2001)
"I can't call
this with words
There's
too little space in a small white square like this to
describe everything what I have to say about Irene Jacob. I
wonder If this isn't just an excuse, because probably there
are no words good enough to do it.
When I've seen "La Double Vie de Veronique" in 1991, I asked
my father: 'dad, please give me some money. I have to go to
cinema tomorrow'. And he gave me some change, and the next
day I went to see it again...Jesus Christ... we got drunk
heavily that night with my mates...we didn't say a word,
raising glasses...that was like some psyhical perversion,
like a fairy tale where you stay at forever... I was 19
years old then, and watched this film 28 times, day by day.
I still keep the tickets somewhere... Then stopped going to
the cinema for five years, arriving at the conclusion that
I'd never see anything worth seing any more.
Years passed by, I grew up, lead some normal life... I
became a journalist in the meantime, even have some
occasions to write something upon films...and occasionally
think of what happened to me when I first saw Irene and her
greatest role...Somehow I'm still inside that world,
where she is singing in the rain, and my life seems to be
imprisoned in a glass ball..."

"It
is not about reincarnation. It is much less explicit than
that. We can't give simple, clear explanations of what the
relationship is. I have found that in France so many people
have said to me that they
really loved it - and then they add that they didn't really
understand it."
"En apparence, les
choses ont l'air de se passer comme ça ; mais
peut-être que non
"
(Irène
Jacob, 1991)
"J'ai
joué mes rôles les plus marquants dans les
films de Krzysztof Kieslowski, pour lesquels je continue
à recevoir des lettres presque tous les jours. C'est
étonnant." (l'Humanité,
juillet 2000)
"Je
crois que ce film parle avant tout de la solitude et de
cette envie de penser, lorsqu'on est seul, qu'il doit bien y
avoir quelqu'un qui peut se sentir comme soi, qui peut
comprendre les émotions qui vous habitent
"
(Interview
dans "24 images", 1991)
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