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 La Double Vie de Véronique - MAJ sept.2003

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“Un formidable souvenir!”

Dans une interview de septembre 2000 (www.allocine-vision.com), Irène Jacob citait encore les films réalisés avec Kieslowski comme son meilleur "formidable souvenir"). Celui-ci était leur première collaboration et, de l'attention portée par le réalisateur aux auditions, en passant par l'exigence de travail et de précision du tournage, jusqu'à la consécration finale (Meilleure actrice au Festival de Cannes en 1991), ce film est le grand départ de la carrière d'Irène. Voir les critiques

Weronika, chanteuse polonaise meurt d'un accident cardiaque. Véronique, en France, décide au même moment d'arrèter le piano. Elles se ressemblent étonnament, vivent presque la même vie… Puis Véronique assiste à un spectacle de marionnettes où une femme meurt et renait, elle reçoit de mystérieux envois, une cassette de… bruits qui la mène jusqu'au marionettiste. Pourquoi?…
Véronique : double, gémellité, correspondance, on peut donner quelques pistes pour imaginer le film, mais il faut bien sûr le voir !
Irène Jacob est Weronika ET Véronique, double personnage, sous le signe de la musique et de la lumière.
Ce film est à regarder in-extenso, inconditionnellement. Pour la lumière et pour le son, essayez de voir ou revoir ce film sur grand écran ou, vraiment à défaut, sur une bonne copie VHS ou DVD (bientôt).



"Si tu savais comme je t'en veux, toi, le marionnestiste, toi et les hommes. C'était bien assez d'avoir perdu ma soeur d'infortune, d'avoir pleuré son départ, d'avoir crispé ma main et fait couler mes larmes sur cette photo de Pologne…
Quel est ce jeu stupide, pourquoi cette cassette, cette obscurité autour de moi… En arrivant à Saint-Lazare, en te rencontrant, mon coeur s'est mis à battre, encore : j'ai cru retrouver la paix, l'amour peut-être ? Mais tu n'étais qu'un manipulateur ! Pourquoi ? Pourquoi faut-il mourir deux fois ?
Et puis j'ai revu mon père, dans sa maison, j'ai touché l'écorce du grand arbre, et j'ai senti enfin sa sêve, comme un retour à la vie. C'était la fin du film."
Extrait de l'ouvrage de Ch. Dobrowski sur Irène Jacob



La Double Vie de Véronique
(1991 - France, Pologne &endash; 96 min.
Réalisateur : Krzysztof Kieslowski
Scénario : Krzysztof Kieslowski & Krzysztof Piesiewicz
Production : Sidéral, Le Studio Canal +, Tor Production (Varsovie)
Producteur : Bernard Pierre Guiremand
Distribution : Sidéral
Directeur photo. : Slawomir Idziak
Musique : Zbigniew Preisner
Montage : Jacques Witta
Avec :
Irène Jacob (Weronika/Véronique)
Anna Gronostaj (voix de Weronika)
Philippe Volter (Alexandre Fabbri)
Claude Duneton (père de Véronique)
Louis Ducreux (Le professeur)
Sandrine Dumas (Catherine)
Gilles Gaston-Dreyfus (Jean-Pierre)
Wladyslaw Kowalski (père de Weronika)
Kalina Jedrusik (femme bariolée)
Halina Gryglaszewska (tante)
Alexander Bardini (chef d'orchestre)
Jerzy Gudejko (Antek)
En bref :
Weronika, jeune choriste polonaise souffre du cœur, et meurt lors d'un concert. A Paris, Véronique, musicienne, possède également une voix sublime, la même apparence et le même problème cardiaque. Elle rencontre un marionnetiste, Alexandre, le perd, retrouve sa trace après un jeu de pistes sonores qu'il lui envoie sur une cassette. Dans le sac de Véronique, Alexandre découvre la photo d'une femme qu'il prend pour Véronique : c'est Weronika, prise lors d'un voyage de Véronique en Pologne. Alexandre écrit un livre : l'histoire de deux femmes nées dans deux pays différents qui ne se sont jamais connues mais sont identiques ; l'une mourra, l'autre survivra, profitant de l'expérience de son double malheureux…
Palmarès :
1992 : NSFC (National Society of Film Critics) Awards Meilleur film étranger
1991 : Festival International du Film (Cannes) Prix de la critique internationale, Prix du jury oecuménique




Le Monde du 17/05/91 :
"Cadeau tombé du ciel (.) La plupart du temps à l'image, et le plus souvent seule; elle bouge vrai, ressent droit, parle juste. Elle existe, elle est d'une présence incroyable, elle a le sourire d'ineffable gourmandise de la jeune Ingrid Bergman, on l'aime" (Danièle Heyman)

"Belle, émouvante, Irène Jacob s'est pliée à l'univers de Kieslowski…"
Studio

"Elle a appris très vite la langue polonaise, en un mois et demi (…) elle parlait sans accent. Elle est venue en Pologne avant le tournage, a demandé à ne pas habiter à l'hôtel mais chez des amis. Elle a essayé de comprendre ce pays et de le voir. J'étais très sensible à cela et j'ai vu qu'elle était ouverte au monde."
(Kieslowski, "Positif", juin 1991)

Esquire, Nov 91, Raul Vega: "Irene Jacob: A woman who cares"
(…) it's a relief to see a gal like Irene Jacob reaping hosannas. Toute la France slavered over her performance in The Double Life of Veronique (…) Jacob is no winking sex kitten; she comes off all inner light and mood and, you know, just great overflowing feeling. [Jacob:] admits in her singsong English, "…what you can understand is this feeling sometimes you feel that you have to change, to look for yourself."

France Soir du 21/05/91 :

"Lumineuse, évanescente, fragile…", comme beaucoup, l'article ne tarit pas d'éloge sur l'interprétation de la comédienne. Une référence qui reviendra souvent : Ingrid Bergman.
Irène nous apprend qu'elle a travaillé les deux rôles
"comme des personnages parfaitement différents", qu'elle a imaginé "vivre, bouger, aimer…" et d'ajouter : "C'était comme tourner deux films en un"

Le Figaro du 21/05/91 :
"Et si toute cette facilité n'était qu'un leurre ? Et si cette actrice en robe de fée était un bourreau de travail ?"
Marin Karmitz (interview TV, 96)
"
C'est surtout un film sur la nostalgie… C'est un état d'âme naturel à tous les gens qui, inconsciemment, rêvent de rencontrer quelqu'un, qui ont le sentiment qu'il y a quelqu'un qu'on peut toucher, à qui l'on peut parler…"

Et bien sûr, le film fait entrer Irène Jacob dans le Dictionnaire du cinéma, court mais efficace:
"Lumineuse et grave, elle est formidable dans "La Double Vie de Véronique"…"
"Brilliant and grave, she is formidable in The Double Life of Veronica "

Un anonyme ou presque du Web (en mars 2001)
"I can't call this with words…
There's too little space in a small white square like this to describe everything what I have to say about Irene Jacob. I wonder If this isn't just an excuse, because probably there are no words good enough to do it.
When I've seen "La Double Vie de Veronique" in 1991, I asked my father: 'dad, please give me some money. I have to go to cinema tomorrow'. And he gave me some change, and the next day I went to see it again...Jesus Christ... we got drunk heavily that night with my mates...we didn't say a word, raising glasses...that was like some psyhical perversion, like a fairy tale where you stay at forever... I was 19 years old then, and watched this film 28 times, day by day. I still keep the tickets somewhere... Then stopped going to the cinema for five years, arriving at the conclusion that I'd never see anything worth seing any more.
Years passed by, I grew up, lead some normal life... I became a journalist in the meantime, even have some occasions to write something upon films...and occasionally think of what happened to me when I first saw Irene and her greatest role...Somehow I'm still inside that world, where she is singing in the rain, and my life seems to be imprisoned in a glass ball..."




"It is not about reincarnation. It is much less explicit than that. We can't give simple, clear explanations of what the relationship is. I have found that in France so many people have said to me that they really loved it - and then they add that they didn't really understand it."

"En apparence, les choses ont l'air de se passer comme ça ; mais peut-être que non…"
(Irène Jacob, 1991)

"J'ai joué mes rôles les plus marquants dans les films de Krzysztof Kieslowski, pour lesquels je continue à recevoir des lettres presque tous les jours. C'est étonnant." (l'Humanité, juillet 2000)

"Je crois que ce film parle avant tout de la solitude et de cette envie de penser, lorsqu'on est seul, qu'il doit bien y avoir quelqu'un qui peut se sentir comme soi, qui peut comprendre les émotions qui vous habitent…"
(Interview dans "24 images", 1991)