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 5 filles couleur pêche, nos commentaires… - MAJ 23 oct. 2003

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A la première: c'était TRES bien parti…
© Charles Dobrowski

Excursion dans la chambre de Pandore*
Vendredi 5 septembre ; le rideau s'ouvre sur une chambre cossue. Des fleurs sur l'affiche, mais des fleurs aussi au tissu des fauteuils, et jusque sur la moquette, sur les poufs. Quelques notes de fuschia… plusieurs sièges et un lit blanc. Ca se passe dans le Sud… des Etats-Unis (celui du texte d'Alan Ball -American Beauty ).

On ne la “fait pas” à nos cinq filles !
Pour la couleur annoncée, pas de surprise : pêche, pêche, pêche ! Pêche aussi, les cinq robes Poupée Barbie qu'elles ont consenties à revêtir pour être les demoiselles de compagnie au mariage de leur amie, Sandy. Mais ces demoiselles jurent comme des charretiers… enfin comme des jeunes filles américaines, se racontent leur cinq vérités, coincées dans la chambre du haut, cette jolie bonbonnière, plutôt boîte de Pandore d'où finiront bien par sortir tous les mots de la Terre ! Avec humour, bien entendu.
Ca fume, ça boit, ça débine… oreilles chastes s'abstenir ! L'une n'en peux plus et retire ses chaussures puis finalement sa robe, l'autre pense arracher le rideau pour s'en faire une robe comme dans Autant en emporte le vent … mais là elle n'a pas choisi le papier peint ! ("ah! ah! ah!" dans la salle !)
Au fait, connaissent-elles si bien cette Sandy, la mariée ? C'est plutôt d'elles, de leurs envies, de leurs désirs, de leurs petits secrets dont il va être question.


Les dessins exclusifs : voir plus
(© alain martin)

Julia serait-elle la plus sage ?
Julia (Irène Jacob), plus calme ? Oui. Non. Enfin, elle se révèle un peu plus tard !
Irène entre en scène au bout de quelques minutes (sur son jeu, rien à dire : du sérieux et de la légèreté…).
Première réplique de Julia :
"Alors j'aurais pu être là plus tôt mais je me suis fait coincée sur l'parking par une espèce de ringard comme toujours avec soi-disant une histoire : "…c'est formidable de te revoir, on peut ressortir ensemble ?" Alors, pour qu'il me lâche, je lui ai dit : "Mais ouais bien sûr, t'as 600 dollars ?…" (La suite au théâtre !)
Ensuite, Julia plombe aussi les copines, précise qu'elle s'est tapé pas mille, non, mais au moins une centaine de mecs et fume un joint pendant la pièce (c'est Margaret qui l'a apporté !)…

Quelques jours avant la première, tout n'était pas calé, il manquait quelque chose d'indéfinissable… N'ayant pas l'assurance de Julia et des autres, d'Irène qui descend des planches et vous dit : "Oui, oui, c'est normal, nous ne sommes pas tout à fait prêts" (à 48 h de la première !!!), la perplexité pouvait vous gagner. Le metteur en scène, Yvon Marciano, surchargeait son texte d'annotations : il semble qu'elles aient servis !

De l'importance du public…
Car, à l'heure dite, la pièce a démarré et les six comédiens nous emmenaient dans ce qui pourrait bien être un succès de la rentrée. L'occasion en tout cas, comme sait si bien le faire l'Atelier, de découvrir un texte américain, ici une chambre avec cinq filles à l'intérieur : imaginez le tableau… Non, allez voir ! Car comme nous le précisait Irène Jacob : “c'est plus une pièce à jouer et à voir… qu'à lire dans son fauteuil”!
Et puis, courant octobre, la pièce roulait vraiment sur ces rails. Si la durée totale de la pièce a été légèrement rallongée, les dialogues paraissent pourtant plus vifs et il doit y avoir un petit dixième de seconde de moins entre répliques, cette sensation que l'une coupe presque la parole de l'autre, qui les rend plus aggressives et vivantes. Détail auquel s'ajoute quelques gestes réétudiés, plus forcés parfois, '(dans le jeu de Brenda par exemple). Quant aux robes, toujours aussi capricieuses autour d'elles ! Enfin, Trip, lui qui arrive si tard dans ce monde de fille, va finir par imposer sa présence (ce qui n'était pas évident le mois dernier) !
Ce sera donc un de ces textes qui vaut surtout par la mise en scène et la rencontre des interprètes et du public (on suppose l'un et l'autre prêt à renouveler le pacte dans cette salle fétiche, celui de “
Résonances” en 2000)? Du vrai théâtre, en somme.
Ah, dans la boîte de Pandore, il reste bien quelque chose à la fin, non ?
(am, 6 sept 2003)

*La rédaction souligne qu'il n'y a aucun rapport entre ce titre et les exploits récents de Lara Croft.



La générale le 15 septembre
© alain martin/www.irenejacob.net

PS : Bordel de merde, qui a laissé sonné son putain de portable le jour de la première?!?
Désolé, je ne parle pas comme cela d'habitude. Ca doit être les filles, là! Et puis c'est vrai, malgré l'annonce, un téléphone a bien sonné pendant la représentation, vendredi. Alors, faites attention quand même, éteignez vos portables !


Deux jours avant, fin des répétitions : Irène (Julia, à gauche) a encore les cheveux bouclés. Mais la coiffeuse préférée d'Irène (qui a travaillé aussi sur "Résonances" et "Madame Melville") va nous arranger ça, et le jour de la générale les cheveux sont définitivement raides, un brin sauvages : les cheveux de Julia, sans aucun doute !
© Charles Dobrowski

Merci à Irène Jacob, Pierre Cordier,
Anne du Théâtre de l'Atelier,
Emmanuel pour les photos.

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Le 3 septembre, on peaufine : a
u centre, Julia
(Irène Jacob)

© Charles Dobrowski

5 filles couleur pêche
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de Alan Ball, (Five women wearing the same dress, adaptation théâtrale d'Yvon Marciano et Anny Romand, mise en scène d'Yvon Marciano (assistante : Caroline Gonce).
Environ 1h40, sans entracte.
Les personnages :
Julia : Irène Jacob
(La copine "belle comme une Rolls" : elles l'aiment)
Georgia : Camille Japy
(Grande blonde malheureuse)
Brenda : Elisabeth Vitali,
(Tonique : adore les petits fours… et les filles)
Margaret : Constance Dollé,
(Rêve de mettre la pagaille à ce mariage)
Frances : Adriana Santini,
(Ne boit pas, ne fume pas, ne drague pas -au désespoir de ses amies- : elle est croyante)
Tripp : Michael Cohen
(Un homme, enfin, pénètre dans la chambre !)

Décor : Olivier Prost

assisté de Marie-Hélène Prost
Lumières : Pierre Befve
Son : Vincent Butori
à partir du 5 septembre 2003
du mardi au samedi à 21h00,
matinées le samedi à 18h00 et le dimanche à 15h30 - relâche le lundi
Réservation : 01 46 06 49 24
Théâtre de l'Atelier, Paris (France),
1 Place Charles Dullin 75018 Paris &endash; M°Anvers-Abbesses-Pigalle
www.theatre-atelier.com


Irene as Julia. Manga tee-shirt not included in the play
© Emmanuel Robert-Espalieu, thks.



Irène Jacob parle sur France infos (9 sept 2003)

> Cinq filles couleur pêche
Irène Jacob : planning interviews


"Alan Ball nous donne un théâtre de divertissement, très construit, avec des répliques qui se répondent, des phrases sans points de suspension" […]
"La pièce est d'une forme dense… pourtant je m'y reconnais, je me reconnais dans ce groupe de femmes qui sont proches, se connaissent et s'observent…" [et d'évoquer la période de la "Rue Blanche"]
("Théâtres - sept. 03 - Propos recueillis par Colette Godard)

"Julia, c'est elle qui distribue les cartes !"
(Paris - septembre 2003 - am)

"La pièce m'a paru difficile à la lecture, car c'est un théâtre d'acteurs. Il faut jouer les scènes pour en ressentir l'impact."
(Le Figaro, 8 sept. 2003)


"Dans cette pièce, tout sonne juste. Les portraits sans concession qu'Alan Ball fait de ces personnages nous touchent et nous amusent. (…) Pour leur donner vie et chair, il fallait cinq belles actrices. Avec elles, j'ai tenté de rester au plus près du texte d'origine, d'en extraire tout son potentiel, avec ses ambiguïtés et ce qu'il cache de blessures plus ou moins révélées, de désirs trahis, d'incompréhension, de rêves avortés.
Car ces cinq femmes, au-delà de leurs différences, se rejoignent sur un point :
elles ont toutes un irrépressible besoin d'être aimées."
(Yvon Marciano, metteur en scène.)

“Il y a là Julia (Irène Jacob), celle qui ne veut plus souffrir à cause des hommes. Sa parade ? Ne pas donner prise à l'amour. Elle est la reine du trois petits tours et puis s'en va. ”
(Le Figaro, M.T., 8 sept. 2003)

© charles dobrowski/www.irenejacob.net

Juste à l'entrée des loges… les dessins à découvrir sur notre page spéciale

Thanks to: Irène Jacob, Pierre Cordier,
Anne (Théâtre de l'Atelier), Emmanuel (photographs), and best wishes to Bob (he couldn't came from States and gave his seats to some Irene's fans -including Charles-)