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A
la première: c'était TRES bien
parti
©
Charles Dobrowski
Excursion
dans la chambre
de Pandore*
Vendredi
5 septembre ; le rideau s'ouvre sur une chambre cossue. Des
fleurs sur l'affiche, mais des fleurs aussi au tissu des
fauteuils, et jusque sur la moquette, sur les poufs.
Quelques notes de fuschia
plusieurs sièges et
un lit blanc. Ca se passe dans le Sud
des Etats-Unis
(celui du texte d'Alan Ball -American Beauty ).
On ne la fait pas à nos cinq filles
!
Pour la couleur annoncée, pas de surprise :
pêche, pêche, pêche ! Pêche aussi,
les cinq robes Poupée Barbie qu'elles
ont consenties à revêtir pour être les
demoiselles de compagnie au mariage de leur amie, Sandy.
Mais ces demoiselles jurent comme des charretiers
enfin comme des jeunes filles américaines, se
racontent leur cinq vérités, coincées
dans la chambre du haut, cette jolie
bonbonnière, plutôt boîte de Pandore
d'où finiront bien par sortir tous les mots de la
Terre ! Avec humour, bien entendu.
Ca fume, ça boit, ça
débine
oreilles chastes s'abstenir ! L'une
n'en peux plus et retire ses chaussures puis finalement sa
robe, l'autre pense arracher le rideau pour s'en faire une
robe comme dans Autant en emporte le vent
mais
là elle n'a pas choisi le papier peint ! ("ah! ah!
ah!" dans la salle !)
Au fait, connaissent-elles si bien cette Sandy, la
mariée ? C'est plutôt d'elles, de leurs
envies, de leurs désirs, de leurs petits secrets dont
il va être question.

Les
dessins exclusifs : voir
plus
(©
alain martin)
Julia serait-elle la plus sage ?
Julia (Irène Jacob), plus calme ? Oui. Non. Enfin,
elle se révèle un peu plus tard !
Irène entre en scène au bout de quelques
minutes (sur son jeu, rien à dire : du sérieux
et de la légèreté
).
Première réplique de Julia :
"Alors j'aurais pu être là plus tôt mais
je me suis fait coincée sur l'parking par une
espèce de ringard comme toujours avec soi-disant une
histoire : "
c'est formidable de te revoir, on
peut ressortir ensemble ?" Alors, pour qu'il me lâche,
je lui ai dit : "Mais ouais bien sûr, t'as 600 dollars
?
" (La suite au théâtre !)
Ensuite, Julia plombe aussi les copines, précise
qu'elle s'est tapé pas mille, non, mais au moins une
centaine de mecs et fume un joint pendant la pièce
(c'est Margaret qui l'a apporté !)
Quelques jours avant la première, tout n'était
pas calé, il manquait quelque chose
d'indéfinissable
N'ayant pas l'assurance de
Julia et des autres, d'Irène qui descend des planches
et vous dit : "Oui, oui, c'est normal, nous ne sommes pas
tout à fait prêts" (à 48 h de la
première !!!), la perplexité pouvait vous
gagner. Le metteur en scène, Yvon Marciano,
surchargeait son texte d'annotations : il semble
qu'elles aient servis !
De l'importance du public
Car, à l'heure dite, la pièce a
démarré et les six comédiens nous
emmenaient dans ce qui pourrait bien être un
succès de la rentrée. L'occasion en tout cas,
comme sait si bien le faire l'Atelier, de
découvrir un texte américain, ici une chambre
avec cinq filles à l'intérieur : imaginez le
tableau
Non, allez voir ! Car comme nous le
précisait Irène Jacob : c'est plus une
pièce à jouer et à voir
qu'à lire dans son fauteuil!
Et puis, courant octobre, la pièce roulait
vraiment sur ces rails. Si la durée totale de la
pièce a été légèrement
rallongée, les dialogues paraissent pourtant plus
vifs et il doit y avoir un petit dixième de seconde
de moins entre répliques, cette sensation que l'une
coupe presque la parole de l'autre, qui les rend plus
aggressives et vivantes. Détail auquel s'ajoute
quelques gestes réétudiés, plus
forcés parfois, '(dans le jeu de Brenda par exemple).
Quant aux robes, toujours aussi capricieuses autour d'elles
! Enfin, Trip, lui qui arrive si tard dans ce monde de
fille, va finir par imposer sa présence (ce qui
n'était pas évident le mois dernier) !
Ce sera donc un de ces textes qui vaut surtout par la mise
en scène et la rencontre des interprètes et du
public (on suppose l'un et l'autre prêt à
renouveler le pacte dans cette salle fétiche, celui
de Résonances
en 2000)? Du vrai théâtre, en somme.
Ah, dans la boîte de Pandore, il reste bien quelque
chose à la fin, non ?
(am,
6 sept 2003)
*La rédaction souligne qu'il n'y a aucun rapport
entre ce titre et les exploits récents de Lara Croft.

La
générale le 15
septembre
©
alain martin/www.irenejacob.net
PS
: Bordel de merde, qui a laissé sonné son
putain de portable le jour de la première?!?
Désolé, je ne parle pas comme cela d'habitude.
Ca doit être les filles, là! Et puis c'est
vrai, malgré l'annonce, un téléphone a
bien sonné pendant la représentation,
vendredi. Alors, faites attention quand même,
éteignez vos portables !

Deux
jours avant, fin des répétitions :
Irène (Julia, à gauche) a encore les cheveux
bouclés. Mais la coiffeuse
préférée d'Irène (qui a
travaillé aussi sur "Résonances" et "Madame
Melville") va nous arranger ça, et le jour de la
générale les cheveux sont
définitivement raides, un brin sauvages : les cheveux
de Julia, sans aucun doute !
©
Charles Dobrowski
Merci
à Irène Jacob, Pierre Cordier,
Anne du Théâtre de l'Atelier,
Emmanuel pour les
photos.
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Le
3 septembre, on peaufine : a
u centre, Julia (Irène Jacob)
©
Charles Dobrowski
5 filles couleur
pêche,
de
Alan Ball, (Five women wearing the same dress,
adaptation théâtrale d'Yvon Marciano et Anny
Romand, mise en scène d'Yvon Marciano (assistante :
Caroline Gonce).
Environ
1h40, sans entracte.
Les personnages :
Julia : Irène Jacob
(La copine "belle comme une Rolls" : elles l'aiment)
Georgia : Camille Japy
(Grande blonde malheureuse)
Brenda : Elisabeth Vitali,
(Tonique : adore les petits fours
et les filles)
Margaret : Constance Dollé,
(Rêve de mettre la pagaille à ce mariage)
Frances : Adriana Santini,
(Ne boit pas, ne fume pas, ne drague pas -au
désespoir de ses amies- : elle est croyante)
Tripp : Michael Cohen
(Un homme, enfin, pénètre dans la chambre
!)
Décor : Olivier
Prost
assisté
de Marie-Hélène Prost
Lumières : Pierre Befve
Son : Vincent Butori
à partir du 5 septembre 2003
du mardi au samedi à 21h00,
matinées le samedi à 18h00 et le dimanche
à 15h30 - relâche le lundi
Réservation : 01 46 06 49 24
Théâtre de l'Atelier, Paris
(France),
1 Place Charles Dullin 75018 Paris &endash;
M°Anvers-Abbesses-Pigalle
www.theatre-atelier.com

Irene
as Julia. Manga tee-shirt not included in the play
© Emmanuel Robert-Espalieu, thks.

Irène
Jacob
parle sur France
infos
(9 sept 2003)
>
Cinq filles couleur pêche
Irène Jacob : planning
interviews
"Alan Ball nous donne un théâtre de
divertissement, très construit, avec des
répliques qui se répondent, des phrases sans
points de suspension" [
]
"La pièce est d'une forme dense
pourtant je m'y
reconnais, je me reconnais dans ce groupe de femmes qui sont
proches, se connaissent et s'observent
" [et
d'évoquer la période de la "Rue
Blanche"]
("Théâtres
- sept. 03 - Propos recueillis par Colette Godard)
"Julia, c'est elle qui distribue les cartes !"
(Paris
- septembre 2003 - am)
"La
pièce m'a paru difficile à la lecture, car
c'est un théâtre d'acteurs. Il faut jouer les
scènes pour en ressentir l'impact."
(Le
Figaro, 8 sept. 2003)

"Dans cette pièce, tout sonne juste. Les portraits
sans concession qu'Alan Ball fait de ces personnages nous
touchent et nous amusent. (
) Pour leur donner vie et
chair, il fallait cinq belles actrices. Avec elles, j'ai
tenté de rester au plus près du texte
d'origine, d'en extraire tout son potentiel, avec ses
ambiguïtés et ce qu'il cache de blessures plus
ou moins révélées, de désirs
trahis, d'incompréhension, de rêves
avortés.
Car ces cinq femmes, au-delà de leurs
différences, se rejoignent sur un point :
elles ont toutes un irrépressible besoin d'être
aimées."
(Yvon
Marciano, metteur en scène.)
Il y a là Julia (Irène Jacob), celle qui
ne veut plus souffrir à cause des hommes. Sa parade ?
Ne pas donner prise à l'amour. Elle est la reine du
trois petits tours et puis s'en va.
(Le Figaro, M.T., 8
sept. 2003)
©
charles
dobrowski/www.irenejacob.net
Juste
à l'entrée des loges
les
dessins
à découvrir sur notre page
spéciale
Thanks
to: Irène Jacob, Pierre Cordier,
Anne (Théâtre de l'Atelier), Emmanuel
(photographs), and best wishes to Bob (he couldn't
came from States and gave his seats to some Irene's fans
-including Charles-)
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