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 E n a k - MAJ sept.2003

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"Une histoire
très très compliquée !"

Une chaîne de télévision américaine interrompt ses programmes pour signaler une étrange nouvelle: le cosmonaute de la mission "Observer" veut pas revenir sur Terre!

Pendant la longue "crise" qui va suivre, elle diffuse un "documentaire" sur le passé de l'astronaute Charles Enak, émigrant Polonais… On y découvre qu'Irène Jacob n'est pas "la Femme du Cosmonaute", mais néanmoins sa maîtresse pour quelques jours inoubliables…
Enak est devenu au bout de dix ans un film rare. Rare et curieux, en effet…
Images, sons, musiques semblent resurgir d'un lointain passé, comme effectivement ces revues autrefois d'actualités, où les fusées ont des airs de mastodontes démodés, ces actualités qui n'interpellent plus que les témoins d'une époque…
Ce qui était important, en revoyant Enak, dans sa version originale polonaise sous-titrée en Allemand (un grand merci à la Westdeutscher Rundfunk de Cologne qui nous a permis de la visionner); c'était d'essayer de comprendre ce qui avait motivé le choix d'Irène Jacob pour ce film étonnant, quelques mois après "La Double Viede Véronique"… Je ne sais pas si j'ai véritablement la réponse à cette interrogation. D'ailleurs qui possède vraiment la clef de ce film?
ENAK: quatre lettres géantes au générique, envahies par une matière étrange : information, pullulement, puis par le rougeoiement des tuyères de la fusée… Quatre initiales qui attirent les foules : interviews, ballons marqués ENAK, séances de pose des enfants autour d'Enak jalonnent les flash-back nombreux qui alimentent le récit. Enak est un héros, doté d'un pouvoir et d'un charme mystérieux et parfois inquiétants…


Lucille passera une poignée de semaines avec lui, interrompue par, de nouveau, les flashes des photographes -un scandale à la clef pour l'homme marié en campagne pour un poste de Gouverneur…-.
Cinquante jours se sont écoulés… aux images noires où ne s'inscrivent que la date et l'heure de la mission "Observer" a succédé l'annonce de la mort du cosmaunaute. Flashes, micros poursuivront jusqu'à la fin la jeune femme: " Mais qu'était Enak pour vous ? " Hésitation d'Irène Jacob noyée dans des lumières trop fortes : "Enak était quelqu'un de tout à fait normal…" Et puisque qu'on va la pousser dans ses retranchements, elle va leur dire : Oui elle l'aime, au présent, plus fort que tout. Et peut-être bien qu'elle a acquis un peu de ses étranges vibrations, assez pour planter son regard dans un écran vidéo bleuâtre, comme pour le rejoindre, et le voir encore s'animer dans son scaphandre, tandis que retentit encore une fois cette musique céleste, spatiale, ce chœur électronique qui entonne de son puissant souffle métallique: "ENAK" …
(am, déc. 2002)


“Enak”
1992 - 84 min.
Réalisation: Slawomir Idziak
Irène Jacob est Lucille Spaak
Avec aussi: Edward Zentara (le Cosmonaute), Joanna Szczepkowska…


"Des images superbes (Idziak, c'était quand même un des directeurs photo de Kieslowski), mais… une histoire très très compliquée !" (Paris, novembre 2001)



Merci à la la WDR pour son aide précieuse !