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 Irène Jacob et la musique… - MAJ 22 octobre 2003

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©totoutard (DVD, réalsiation: Bruno Sevaistre)

Pourquoi la musique ?
Sur France Inter, quelques jours avant un"Hommage à Irène Jacob" dans le cadre du 21e Festival Cinéma d'Alès, Irène Jacob devait bien l'admettre : "C'est vrai que la musique fait partie de mon parcours, c'est quelque chose qui m'a toujours suivie…", citant ses rôles de choriste, de pianiste, de violoniste, de violoncelliste…
Et puis jusque sur scène avec deux musiciens, au moins : Vincent Delerm et Benoît Delbecq.
Un point commun aux trois personnages ? Peut-être l'envie d'explorer d'autres pistes, d'autres tons, un peu étonnés que ça fonctionne, plutôt bien…
Comme le déclarait Delbecq aux Inrockuptibles, en juillet 2001 : "Oui, c'est étrange. Ça me dépasse un peu à vrai dire, ça s'est fait sans aucune stratégie, au fil de rencontres avec des personnalités très différentes qui chaque fois sont venues me faire travailler sur une dimension particulière de mon tempérament. A l'arrivée, ça constitue une grande famille d'aventuriers qui se reconnaissent chacun dans leur domaine - un réseau de gens qui ne s'appuient jamais sur leur savoir, qui se remettent en jeu chaque fois qu'ils entreprennent une chose nouvelle."
Benoît Delbecq (piano "préparé"), dont la liste des concerts ne tiendrait pas aisément sur cette page… était de retour pour un concert avec Irène Jacob le 11 juillet 2003 à Parthenay, puis jouera en trio en France et en Angleterre en octobre (avec Irène Jacob pour le premier concert, voir
www.hask.com).
Et un autre projet commun doit suivre, dans l'esprit de Berthe Trépat !
(am)

Les 6 et 7 novembre 2002 :
Concert triomphal à "La Cigale" à Paris pour Vincent Delerm,
dont deux… euh, non… finalement trois chansons avec Irène Jacob !
> Quelques commentaires sur le DVD Vincent DELERM paru fin octobre
Et le soir sous les abat-jour,
en faisant des miettes de savane,
sur le canapé en velours,
je relis Cospopolitan…

… le père de famille idéal est Jean Réno, Alain Chabat,
Christophe Lambert, Jean-Luc Anglade…
je n'aurais pas cru ça de toi…

Après les "standing ovations" (pour Vincent, bien sûr) et au 6e ou 7e rappel…
Irène Jacob a rejoint Vincent Delerm pour l'accompagner de nouveau en duo.
Ils ont donc repris sous les bravos l'histoire de la "fille Deutsche Grammophon" ,
qu'ils avaient chantée sur le même tabouret de piano… après "Cosmopolitan" :
"C'est une fille Deutsche Grammophon,
Au début, ça vous étonne
Une fille Harmonia Mundi…
Au début vous êtes surpris…"
ou bien
"Elle maîtrise Telemann plus que François Feldman"…


© alain martin

Pour ceux qui n'ont pas entendu Irène Jacob chanter, elle est plus Harmonia Mundi qu'Axelle RED, mais quand on connaît la chanson…
D'ailleurs, c'est bien chez Harmonia Mundi que vous retrouverez Irène Jacob récitante des "Chansons de Bilitis" et "La Flûte de Pan" de Claude Debussy
(HMC 901647).
Après une maîtrise sur François Truffaut, Vincent Delerm contemple chez lui la photo de Fanny Ardant, si on en croit sa chanson (nb: l'actrice a reçu le CD, elle aime bien !), il est prêt à caresser le chien dégueulasse des parents de Chloé "pour que ça passe"… Un peu surpris peut-être par son succès, il donne l'impression d'un gars réservé. Peut-être que si vous le croisiez dans la rue vous ne le reconnaîtriez pas, mais qu'une fois sur scène… ça me rappelle quelque chose !
Irène Jacob chante quelques "miettes de savane" dans "Cosmopolitan", du premier album de
Vincent Delerm. Duo intimiste ; lui il aime plutôt Fanny Ardant, il est prêt à caresser le chien dégueulasse des parents de Chloé "pour que ça passe".

!Extrait de l'interview pour Totoutard … mais comment, à part sa passion du cinéma, Vincent Delerm en est-il arrivé à chanter avec Irène Jacob ?
"…je l'ai rencontrée dans une émission de radio, après l'avoir remarquée dans les films de Kieslowski. Je lui ai demandé si un jour elle accepterait de participer à mon disque. Il faut dire que j'étais très motivé pour la rencontrer car au départ j'étais programmé pour chanter dans la même émission que Sylvie Vartan et j'ai demandé à permuter pour rencontrer Irène Jacob le lendemain. Sa tonalité de voix était parfaite et beaucoup de circonstances chanceuses sont intervenues autour de la sortie de ce disque notamment pour les droits d'utilisation de la voix de Trintignant, indispensable..."

D'autres concerts en tournée et 2003, visitez le site non officiel mais très complet !

> Merci à Irène Jacob, à"Tôt ou tard" et à Bruno.

"Delerm est un brillant joueur d'ellipse, de suggestion, de métaphore. …de la cruelle et légère Deauville sans Trintignant (avec lui, en fait !) à l'inventaire de Cosmopolitan (avec Irène Jacob), on admire le savoir-faire de ce jeune homme doué… qui a trouvé sa propre voix - souriante, singulière." Anne-Marie Paquotte Télérama, 9 mai 2002

"L'album de Vincent Delerm est un petit bijou, tout plein de tendresse, d'humour et de bonheur, j'adore !" Aurélie



Beaucoup plus difficile de trouver le disque des "Recyclers"… mais sait-on jamais ?…
Irène y chante… "la Rua Madudeira". Benoît Delbecq a joué aussi avec les "Recyclers" et Katerine…

> En attendant "Gary"…

Donc, pourquoi la musique ?

Dans beaucoup de films et de pièces… elle est professeur ou interprète. Est-ce à cause du Conservatoire de Genève… de sa première apparition cinématographique dans le rôle (bref) d'un professeur de piano, d'un frère musicien ?

"(…) je m'aperçois que la musique joue un rôle important dans mon travail avec Kieslowski. Enfant j'ai appris le piano et le violon. Désormais, je pratique avant tout la flûte douce. J'ai commencé le chant grâce à la "Double Vie…" (…) Danser est ma grande passion.
(…) Les vieux morceaux des Stones (…) la musique brésilienne (…) le jazz, Brel, Brassens (…) Vian, Dutronc, Gainsbourg…"

("L'Humanité" du 14/09/94)

> Sur CD: Récitante pour les "Chansons de Bilitis" et "La Flûte de Pan" de Claude Debussy (HMC 901647 Harmonia Mundi, disponible)
Egalement dans "Persephone" de Stravinsly enregistré à New-York avec l'ochestre St-Lukes (Sony, épuisé)

Entre musique et voix, il y eu aussi, en juin 2001, l'"Etourdissante performance de Berthe Trépat":
une facette de plus à découvrir pour ceux qui ne connaîtraient que l'aspect "cinéma" d'Irène Jacob.

Sur grand écran, Irène joue ou chante, notamment dans :
"Au revoir les enfants", où elle est professeur de piano nonchalante.
"La double vie de Véronique", film consacré, en grande part à la musique et qui a failli s'appeler "la Choriste". La première scène, c'est Irène Jacob…chantant sous la pluie ! Quelques scènes plus loin, on découvre un poignet meurtri ("Comment c'est arrivé ?" murmure le garçon à côté d'elle. Et Irène /Weronika d'expliquer : "Le père d'une copine me l'a coincé dans une portière ; je venais de réussir mon examen de piano ce jour là !" (ou comment évoquer simplement d'une phrase un drame passé). Ensuite, Weronika se fait remarquer lors d'une répétition ("J'aimerais vous entendre, vous avez une voix… étrange" dit le professeur), et elle gagne le concours de choriste. Elle mourra un peu plus tard… en chantant, tout un programme, quel programme !

"En été 1991, c'est simple : on ne peut pas passer dans une rue de Paris sans entendre la voix d'Elzbieta Towarricka, qui double Irène Jacob dans La Double vie (…) ! Tous se "shootent" à la musique de Zbigniew Preisner."
(Télérama, hors-série "Cent ans de cinéma", 1995)

C'est Zbigniew Preisner qui a composé la musique de la "Double Vie…", qui avait composé celles du Décalogue et qui composera celles de Bleu, Blanc, Rouge. Influencé par Cracovie et ses musiciens anciens et contemporains, il est devenu indissociable des films de Krzysztof Kieslowski, un peu comme Irène Jacob. "On a inventé le nom de Van den Budenmayer parce qu'on adore tous les deux [Krzysztof et moi, NDLR] les Pays-Bas. Les encyclopédies et les dictionnaires nous ont écrit pour nous demander des renseignements(…) Alors, on s'est dit : "Qu'il continue à vivre" (Propos de Z. Preisner recueillis par Vincent Remy dans Telerama hors-serie de sept. 1993 - "La Passion Kieslowski")
"Victory", elle est séquestrée dans un hôtel louche (près de Java), où elle doit jouer du violon mais aussi tenir compagnie aux hôtes… et tente de s'échapper.
Fugueuses", elle chante et danse un duo inoubliable avec Marie Trintignant, sur l'air de "Mammy blue" (entre autres).
"Othello"
, elle danse devant "le Maure", un flambeau à la main. Un peu plus loin, elle fredonne aussi dans son bain devant sa servante une chanson ancienne qui lui revient en mémoire ("willow… willow…")…
"My Life So Far", elle apparaît jouant du violoncelle. Un peu plus loin, elle accompagnera la mère de Fraser au piano, puis poussera la chansonnette jazzy sur l'air d'un "Sunny side of the street" (ce qui est contraire à l'esprit de cette maison où Beethoven c'est de la musique, mais le jazz… non!)

Irène Jacob reconnait elle-même qu'on lui a finalement "souvent attribué des rôles de musiciennes", et pour cause !

Au théâtre, musique aussi !
nous l'avons vu danser quelques pas drôlatiques et mémorables :

"Résonances", des chorégraphies lentes ponctuent la mise en scène très rythmée d'Irina Brook, mais il y a aussi l'irruption brève et soudaine d'Isabelle Carré et d'Irène Jacob en sortes de perruches multicolores… La musique de la pièce est disponible sur CD (mais pas la danse !)
"Madame Melville" a une amie violoniste ; ensemble elles esquissent quelques pas et chantent "Oui oui oui !", titre "kitch" extrait de l'album "Sixty French Girls Can't Be Wrong"…
"…Berthe Trépat" où elle incarne à la fois la pianiste et un spectateur : elle ne danse plus ni ne chante vraiment, mais c'est toujours la musique !
"Je sais qu'il existe aussi des amours réciproques…" , nouvelle mise en scène en mars-mai 2004 est une nouvelle rencontre entre le texte et la musique…


"Chez moi, j'écoute rarement la musique de "la Double Vie de Véronique" - sinon, je deviendrais désespérément mélancolique" conclut-elle en riant
("L'Humanité" - 14/09/94)


Music & Irene Jacob

Why music? In much of films and parts she is a professor or she plays an instrument. May be because of the Academy of Geneva… may be her first cinematographic appearance in the (short) role of a piano teacher…; may be a brother musician?

("L'Humanité" du 14/09/94)
(...) I realize that music plays a significant role in my work with Kieslowski. When I was a child, I learned piano and violin. From now on, I practise before all the flute. I began the song thanks to the "Double life..." (...) Dance is my great passion…"

"[hobbies…] According to some media reports (U.S. or British), Juliette Binoche is a good painter. Julie Delpy is good at cooking. How about our lovely Ms. Jacob? Well, she plays piano very well."
("No.1 Irene Fan" sur le Web, 10 avril 2001)


Irene Jacob plays and sings,
thus in particular in:

"Goodbye children", as a piano teacher.
"The Double Life of Veronique" , devoted film, in great part with the music and which failed to be called "The Chorus-singer". The first scene, Irene Jacob... sings under the rain! Some scenes further, one discover a wrist meurtri (" How did it …? " says the boy beside her. And Irene / Weronika explain: "The father of a girlfriend hurted me in a door; I had just made a success of my examination of piano this day there! ". Then, Weronika is pointed out at the time of a repetition ("I would like to hear you, you have a strange voice..." the professor says). She will die a little later... while singing!

Zbigniew Preisner composed the music of "The Double life...", who had composed those of the Decalogue and "Three Colors: Blue, White, Red". Influenced by Cracow and its musicians - old and contemporary-, he became indissociable of Kieslowski's films, a little like… Irene Jacob.
"We invented the name of Van den Budenmayer because we both [Krzysztof and me] loved Netherlands. Encyclopaedias and dictionaries asked us for rinformations(...) Then, we said ourself: "Van den Budenmayer MUST live "

In "Victory", she must play violin… and meet audience in an very special orchestra near Java, and try to escape
Othello" ,
she dances in front of "Maure", a torch in the hand. A little further, she sings also in her bath in front of her maidservant… an old song she kept in memory (" willow... willow…)


"My Life So Far", she appears playing violoncello. Then, she plays piano for Frazer's mother, and sings "jazzy" on the air of "Sunny side of the street" (in an house where Beethoven is music, jazz... no music.)

At theatre, we saw Irene Jacob dancing some steps, drolatic and memorable:
"Resonances", slow choregraphies, irruption of Isabelle Carré and Irène Jacob like… some coloured parakeets... Music is available on CD (but not dance!)
"Madame Melville" has a friend violonist; together they dance for some steps and they sing "Oui, oui, oui! ", "kitch" music from the album "Sixty French Girls Can' t Be Wrong "...
"At home, I seldom listen to the music of "The Double Life of Veronique - I would become an hopelessly melancholic person".
("L'Humanité" - 14/09/94)

"People love asking me whom I would like to work with. This is difficult to answer. The important thing is that I only accept parts that really seem interesting to me. And, if I could,
I would like to work in a musical film".
("Jornal do Brasil" - oct. 94)