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"LE
K
KIESLOWSKI",
23 mars 2002, à Rousset
(France).
>
Samedi,
16h30, Irène Jacob dédicace la traduction
française du livre d'Annette Insdorf "Doubles
Vies, Secondes chances" (Ed. des "Cahiers du
Cinéma")
Elle a réécrit sa préface en
Français spécialement pour cette occasion.
>
A
18h40 précises, elle participe avec Philippe Volter
au débat :
Une
direction d'acteurs d'une extrême
précision
(18h40-19h30)
animé par Alain Martin (a écrit: "Irène
Jacob, le double regard")
>
Extraits
:
Evocation de deux acteurs qui n'ont pu être
présent au Festival : à propos de "Bleu",
Juliette Binoche évoquait
(DVD
mk2 de "Bleu") son
talent et ne cachait pas son admiration et ses
affinités avec les indications de Kieslowski.
Pourtant, elle revenait aussi sur ses hésitations au
tournage et concluait (en schématisant)
"Ce n'était pas un directeur
d'acteur
".
Jean-Louis Trintignant, lui, était
"sidéré" et catégorique :
"[
] Non, je vous le répète, je
n'ai jamais rencontré une telle précision chez
un metteur en scène? Incroyable
!"
(Télérama spécial Kieslowski, 1994,
mais aussi dans d'autres
interviews).
Qu'en pensent les deux acteurs présents sur le
plateau ?
Irène Jacob était Weronika-Véronique et
Philippe Volter , le marionnettiste "manipulateur" de la "La
Double Vie".
Alors justement, n'était-ce pas frustrant pour un
comédien d'être ainsi "manipulé"?
Irène Jacob commence par dire son plaisir
d'être associée à cette réunion,
puis elle rappelle comment Véronique prend
"très mal" d'avoir été menée par
la marionnetiste du film. Elle précise : "Est-ce
qu'on vole l'intimité d'un personnage fictif, ou
est-ce qu'on vole la sensiblité de quelqu'un?". Pour
elle, Kieslowski est tout sauf un manipulateur, puisqu'il a
abandonné peu à peu le documentaire pour
réaliser avec des acteurs des scènes
d'intimité.
Philippe Volter ajoutera pour sa part qu'il l'a "souvent
assimilé à un voleur dans le sens positif du
terme", parce qu'il ne s'est "jamais senti aussi
lâché" par quelqu'un qui lui a permis de se
dépasser. "Nous les acteurs, nous savons ce qu'on va
nous voler!".
A propos du peu de prises, de la rapidité de
tournage
Irène Jacob rappelle que cela créait "une
tension , une urgence dynamisante". Ainsi, Krzysztof "ne
pouvait pas être assis dans un fauteuil".
Installé tout à côté, on avait
l'impression qu'il était là à "presser
le moment, le ressort tiré de plus en plus". S'il ne
faisait pas de psychologie, il avait "une façon
d'analyser les petits moments" et "le don de placer ces
choses là
et c'est en cela qu'il pouvait
être un bon directeur d'acteurs".
Kieslowski avait déclaré que si les acteurs ne
donnaient pas quelques chose de personnel, ce ne serait
qu'un cliché, qu'une répétition, et
qu'il fallait
"penser avec ses tripes"
Pour Philippe Volter, effectivement, "l'acteur était
laissé à sa propre interprétation" et
il croit "que c'est un travail qu'il demande au spectateur".
Le comédien enchaîne : "Retournez-vous la
question : qu'est-ce qui a fait que mon coeur, mon âme
et accessoirement mon intellect ont été
bouleversés?".
A Irène, il disait "méfie toi de ton
côté évanescent, trouve des choses
très concrètes
". Ce qui n'avait pas
été facile pour "Rouge", à la
scène où elle demande au juge : "Qui
êtes-vous?". C'était alors pour elle
"complètement abstrait"
Irène Jacob nous rappelle encore que "ce qu'il aimait
bien répéter, c'est qu'il fallait être
soi-même. C'est par ta compréhension que tu vas
toucher les autres
"
Enfin, est-ce qu'un acteur peut retrouver
un autre
Kieslowski?
"Il y a un énorme manque" pour Philippe Volter, mais
"je ne crois pas qu'il faille être à la
recherche. Il faut espèrer
" Ce qui nous vaut un
nouveau souvenir : ayant déjà tourné la
scène du marionettiste devant un jeune public, et
parce qu'il lui fallait un contre-champ, Kieslowski avait
imaginé de faire jouer un autre spectacle : la
naissance d'une marionnette, scène qui n'a pas
été filmée. Et capturer à
nouveau l'émerveillement dans "le regard de ces
enfants, j'appelle cela de la grande direction d'acteurs !",
conclut-il.
Plusieurs spectateurs s'interrogent sur ces personnes
âgées qu'on voit passer au fil des films,
tentant de placer une bouteille dans un conteneur à
verre, et qui, ignorées par Julie et sans aide de
Karol, sont enfin secourues par Valentine dans
"Rouge"
lrène Jacob croit "qu'il était quand
même pour celui qui aide".
Une dernière question, comme un problème
d'arithmétique : si Kieslowski donnait beaucoup et
exigeait beaucoup, et qu'il est quasiment mort
d'épuisement sur ses trois derniers films, quel
pourcentage ont donné les acteurs qui sont
présent à ce débat ?
Irène affirme "franchement, je crois que j'ai tout
donné, vraiment !". D'ailleurs, pour Philippe "la
question ne se posait même pas", car c'étaient
des tournages pour lesquels "techniciens et gens de
l'administration se sont coupés en dix-huit pour lui.
Ils sont tous allé au bout de ce qu'ils pouvaient
faire".

©
Dalla Rosa
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06:40pm
"A
sharp actors's director"
(Alain Martin & Charles Dobrowski, writing a book:
"Irène Jacob, un autre regard". Guests: Irène
Jacob, Philippe Volter.
Juliette Binoche and Jean-Louis Trintignant were not at the
"K". Howether, in connection with "Blue", Juliette Binoche
evokes Kieslowski's talent and shows us her admiration and
affinities with his indications. However, she also
reconsiders his hesitations on the set and concludes
(schematized) "he was NOT an actor's director. "
("Blue"
mk2DVD).
Jean-Louis Trintignant, " is struck to him " and
categorical: " [. ] I repeat it to you, I never met
such a precision in a director! Incredible!"
("Kieslowski's
Passion" - Telerama Special issue, Paris,
1994).
So what? Irene Jacob was Weronika-Veronique and Philippe
Volter, the marionnettist "manipulator" in "the Double
Life
". More precisely, wasn't it frustrating for an
actor "to be thus handled"?
Irene Jacob starts, talling us her pleasure of being
associate with this meeting, then she points out how
Veronique was in "very bad mood" to be carried out by the
marionnetist of film. She specifies: "One does steal the
intimacy of a fictitious character, or one does steal the
sensiblity of somebody?", the reason why "Kieslowski is all
except a manipulator", since he gave up the documentary one
little by little to realize scenes of intimacy with actors.
Philippe Volter adds he "often compared him to a robber but
in the positive meaning of the word", because he "never also
smelled itself released" by somebody who allowed him to be
exceeded."As actors, we know what one will steal to us!
".
About short and quick shoots, Irene Jacob says he created "a
tension, an instigating urgency". Thus, Krzysztof "could not
have sat in an armchair!". Installed very close to actors,
it seems he was there "to make pressure on the time, like a
spring more and more pulled". If it did not spoke
"psychology", he had "a way of analyzing the little moments"
and "the best place for these "things" and that's why he
could be named "a good actors' director".
Kieslowski had declared that if the actors did not give some
personal of their own, they would be only "stereotypes",
like a repetition, and that they had "to put his heart and
soul in the play, to think with their tripes".
Philippe Volter, indeed, think "the actor was free of his
own interpretation" and he believes "Kielowski asks for
attention of spectator, too" (
) "Reverse the question
to you: what made my heart, my sensibility and eventually my
intellect were upside-down?".
To Irene, he said "Do not be evanescent, try to find very
concrete acting". That wasn't easy for "Red", especially the
scene when she asks to the Judge: "WHO are you?". It sounds
"completely abstract for me ". Irene Jacob still reminds us
that "he liked to repeat, one has to be
oneself. Your
comprehension will touch others".
Now, how can an actor find another Kieslowski?
"There is an very big lack", Philippe Volter says, but "I do
not believe we have to search
but we can hope for
that!" he concludes, adding some other souvenir: having
already turned the scene of the marionettist in front of a
young public, and because he needed a reverse shot,
Kieslowski had imagined to order a new spectacle for
children: birth of a puppet, a special scene which was not
filmed. So he captured one more time the amazement in "the
glance of these children
I call that a great actors'
direction!", he concludes.
Several spectators wonder about these old people whom one
sees passing from one to the other films in "Three Colors",
hardly trying to place a bottle in a container for glass,
people been unaware of by Julie and without assistance of
Karol, then finally helped by Valentine in "Red".
lrene Jacob believes "nevertheless, he was with one who can
help!".
A final question, like an arithmetic problem: "Kieslowski
gave much and required much and much, and he almost dead of
exhaustion on "Three colours", so how much percentage did
the two actors gave to him?
Irene affirms "Frankly, I believe that I very gave,
really!". Moreover, for Philippe "the question did not even
arise", because "technicians and administratives "cut
themselves into eighteen for him". They all made the most of
their part."
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